Un comité historique mis à l’écart, selon ses membres
Le Comité des usagers du service public de l'eau et de l’assainissement de Castres et du Tarn‑Sud a rendu public, le 21 octobre, son profond mécontentement : il affirme ne plus être informé des réunions du conseil d’administration de la Société publique locale (SPL) chargée de la gestion de l’eau, et ne plus y être invité depuis le changement de majorité municipale. Le comité parle d’un « recul démocratique » et d’une nouvelle opacité dans la gouvernance d’une ressource « essentielle ».
Présidé par Philippe Fournier, le comité rappelle son rôle historique : il s’était mobilisé lors de la remunicipalisation du service en 2003 et avait obtenu, depuis, une place pour représenter les usagers au conseil d’administration de la SPL. Selon le communiqué, cette représentation n’était jamais remise en cause jusqu’à très récemment.
« Jamais cela n’avait été mis en cause jusqu’à ce que l’extrême droite accède dernièrement à la direction de la commune », écrit le comité.
Statuts, formalité et incompréhension
Le président précise toutefois une nuance importante : la présence d’un représentant des usagers au conseil d’administration est prévue comme possible dans les statuts, mais n’est pas une obligation formelle. Le comité souligne cependant que, malgré ce caractère facultatif, sa présence avait été systématique jusqu’ici et que ses courriers — dont un recommandé récent — sont restés sans réponse.
- Question de transparence : le comité réclame des explications sur l’absence d’information et d’invitation.
- Rôle historique : rappel de la contribution du comité à la remunicipalisation de 2003.
- Inquiétude sanitaire et environnementale : des craintes sur la qualité de l’eau liées à des projets en amont.
Des inquiétudes sur la qualité de l'eau
Au‑delà de la question de représentation, le comité des usagers exprime des préoccupations sur la qualité de l’eau distribuée aux habitants. Il cite notamment le projet d’une méga‑scierie situé en amont de la prise d’eau sur l’Agout, cours d’eau qui alimente le secteur castrais en eau potable, comme une source potentielle de risques. Le communiqué ne fournit pas d’éléments techniques nouveaux sur l’impact précis du projet, mais signale que cette perspective renforce la nécessité, selon le comité, d’une information et d’un contrôle partagés.
| Élément | Constat du comité |
|---|---|
| Représentation au CA de la SPL | Présence historique, aujourd’hui non confirmée |
| Communication | Courriers restés sans réponse, y compris recommandé |
| Préoccupation sanitaire | Projet de scierie en amont de la prise d'eau |
Les autorités municipales et la direction de la SPL n’ont pas été citées dans le communiqué diffusé par le comité. Aucune réponse officielle n’est publiée dans le communiqué communiqué du 21 octobre dont l’InfoRadar a pris connaissance.
Quelles conséquences pour les Castrais ?
La question dépasse le simple statut d’un représentant au conseil d’administration : elle touche à la confiance que les habitants peuvent avoir dans la gestion de leur ressource en eau. La mise à l’écart alléguée du comité pourrait réduire les mécanismes de vigilance et de dialogue autour :
- de la surveillance de la qualité de l’eau ;
- de l’information aux usagers sur des projets susceptibles d’affecter le bassin d’alimentation ;
- de la transparence des décisions relatives aux investissements et aux contrats de gestion.
Dans les prochains jours, les Castrais seront attentifs à une réaction officielle de la mairie et de la SPL. Le comité des usagers réclame la reprise du dialogue et la remise en place d’une présence d’usagers là où les décisions sur l’eau sont prises.
Contact et suite : le communiqué du 21 octobre formalise la demande du comité. Aucune convocation ni réponse n’étaient annoncées au moment de la publication de cet article.