Une mobilisation départementale sans précédent
Le Groupement de défense sanitaire (GDS) du Tarn a consacré une large part de son assemblée générale à la lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Selon les responsables, la réponse locale a été massive : près de 150 000 vaccinations ont été effectuées sur le territoire départemental depuis le lancement de la campagne.
Le président du GDS a salué la coordination entre les vétérinaires, les éleveurs, les équipes du GDS et les services de l’État, qui ont permis de vacciner « en un temps record l’ensemble des bovins tarnais ». Cette dynamique a aussi servi à régulariser certains cheptels jusque-là pénalisés par des restrictions.
Deux zones vaccinales et des calendriers distincts
Pour organiser l’intervention, le département a été scindé en deux secteurs : une Zone vaccinale 1 (ZV1), couvrant environ 90 % des éleveurs, et une Zone vaccinale 2 (ZV2) au sud, formée de 37 communes situées à moins de 50 km d’un foyer de l’Aude. Les dates prévues diffèrent selon la zone :
- ZV1 : arrêt de la vaccination au 30 septembre, statut indemne attendu le 31 mai 2027.
- ZV2 : arrêt de la vaccination au 31 décembre 2026, retour au statut indemne prévu le 1er septembre 2027.
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Vaccinations enregistrées | 150 000 |
| Demandes de laissez‑passer émises depuis le Tarn | 1 840 |
| Bovins concernés par ces demandes | 15 600 |
| Animaux exportés depuis le 10 avril | 3 500 |
Des démarches administratives intensives
Malgré les assouplissements obtenus, le département apparaît comme l’un des plus actifs de la région Occitanie en matière de mouvements d’animaux : 1 840 laissez‑passer ont été délivrés pour 15 600 bovins. Par ailleurs, 3 500 animaux du Tarn ont été expédiés à l’export depuis le 10 avril.
Points d’achoppement : tests PCR et règles européennes
Plusieurs questions techniques restent toutefois non résolues. Les professionnels s’inquiètent notamment des contraintes liées aux tests PCR exigés pour la sortie d’animaux vers des zones indemnes ou vers l’Union européenne, en particulier pour les animaux non vaccinés et les veaux encore sous immunité maternelle. Le ministère de l’Agriculture aurait évoqué en première approche une validité maximale de 5 jours pour ces tests, une durée jugée irréaliste par le GDS qui réclame plutôt 10 jours pour organiser les prélèvements et analyses.
« Nous avons argumenté pour obtenir un allègement des mesures ainsi que la simplification des protocoles. »
Conséquences locales et perspectives
À court terme, la réussite de la campagne de vaccination limite l’extension de la maladie et permet de restaurer progressivement la mobilité des animaux. Mais l’incertitude sur les modalités de contrôle sanitaire et sur la reconnaissance des statuts indemnes pèse toujours sur les filières d’élevage tarnaises, déjà confrontées aux lourdes contraintes logistiques et économiques liées aux mouvements internationaux.
Les acteurs locaux attendent désormais des réponses officielles précises sur les protocoles de tests et la reconnaissance des statuts afin d’organiser sereinement la reprise des échanges et d’accompagner la filière jusqu’au retour complet à la normale.