Une étape clé dans un dossier qui a marqué l’Eure
Dans l’enquête sur la mort de Lisa, âgée de 3 ans et décédée fin septembre 2023 à Conches-en-Ouche, la juge d’instruction d’Évreux a rendu son ordonnance de mise en accusation. Selon le document consulté par un média régional, la magistrate confirme le renvoi de la mère et du beau-père devant la cour d’assises de l’Eure. Parallèlement, six personnes sont renvoyées devant le tribunal correctionnel pour ne pas avoir donné l’alerte, en ligne avec les réquisitions du parquet début juin 2026.
Qui est renvoyé et pour quoi faire ?
Au-delà du couple mis en cause pour les faits criminels, le volet correctionnel vise des proches et des professionnels de l’Éducation nationale, soupçonnés d’avoir manqué à leur devoir d’alerte concernant des maltraitances.
- Les parents de la mère de l’enfant et la mère du beau-père seront jugés pour ne pas avoir saisi les autorités alors qu’ils disposaient d’éléments sur les violences.
- Deux directeurs d’école et une psychologue scolaire sont poursuivis pour non-dénonciation de mauvais traitements, pour ne pas avoir rédigé ou transmis une information préoccupante aux services compétents malgré la connaissance de la situation.
| Personnes concernées | Juridiction de renvoi | Fondement allégué |
|---|---|---|
| Mère et beau-père | Cour d’assises de l’Eure | Crimes liés aux violences sur enfant |
| Grands-parents maternels | Tribunal correctionnel | Absence d’alerte malgré informations |
| Mère du beau-père | Tribunal correctionnel | Absence d’alerte malgré informations |
| Deux directeurs d’école | Tribunal correctionnel | Non-dénonciation de mauvais traitements |
| Psychologue scolaire | Tribunal correctionnel | Non-dénonciation de mauvais traitements |
Ce que dit l’enquête sur les violences
La fillette est morte dans la nuit du 23 au 24 septembre 2023. L’examen médico-légal a révélé de très nombreuses marques sur le corps. Le décès serait dû à un
« traumatisme cranio-encéphalique gravissime ». Les investigations évoquent des violences répétées visant Lisa et son frère de 7 ans, des faits dont certains proches étaient au courant et, pour certains, auraient été témoins.
Obligation d’alerte : rappel du cadre
Les poursuites engagées contre les six prévenus illustrent la responsabilité qui pèse sur l’entourage et sur les professionnels face à des mauvais traitements présumés. Dans ce type de situation, le signalement aux autorités (police, gendarmerie, parquet) ou l’envoi d’une information préoccupante aux services départementaux peut déclencher des mesures de protection. Pour le grand public, le 119 (Allô Enfance en danger) est le numéro national gratuit pour signaler une situation inquiétante.
Quelles suites judiciaires pour l’Eure ?
Le renvoi acté par la juge ouvre la voie à deux procès distincts : l’un aux assises pour les faits les plus graves reprochés au couple, l’autre en correctionnelle pour les six personnes mises en cause pour l’absence d’alerte. À ce stade, la date des audiences n’est pas communiquée. Les parties civiles et les mis en cause seront convoqués selon le calendrier des juridictions d’Évreux et d’Évreux/Évreux-Évreux (compétences locales) avant fixation des audiences.
Un choc durable dans la commune et au-delà
À Conches-en-Ouche, ce dossier continue de résonner. Il interroge la chaîne de vigilance autour des enfants en danger, des familles aux établissements scolaires. Les futurs débats judiciaires devront éclairer précisément ce qui était connu, quand, et par qui, et si des alertes auraient pu prévenir l’irréparable.
- Deux volets judiciaires bien distincts vont désormais se dérouler dans l’Eure.
- L’obligation de protéger les mineurs et de signaler toute suspicion est réaffirmée par ces poursuites.