Un virage de gouvernance pour l’hôpital de Gisors
À compter du 1er juillet, le Centre hospitalier de Gisors est placé sous administration provisoire. La décision revient au directeur général de l’ARS Normandie, après « plusieurs années d’accompagnement » et malgré des soutiens financiers répétés. En trois ans, l’établissement a reçu 9,4 millions d’euros d’aides, sans parvenir à enrayer la dégradation de ses comptes.
Des finances durablement fragilisées
L’Agence motive sa décision par l’absence d’une trajectoire de retour à l’équilibre jugée solide et partagée. Elle insiste sur des déséquilibres persistants, un déficit en hausse et une dette qui se creuse. L’objectif affiché : doter l’hôpital des moyens de transformer son organisation pour sécuriser l’offre de soins sur le territoire.
« Face à la dégradation continue de la situation financière du Centre hospitalier de Gisors et à l’absence de perspectives de redressement suffisamment robustes », l’ARS indique que cette mesure « a pour objectif de donner à l’établissement les moyens de conduire les transformations nécessaires à son redressement et de conforter son offre de soins sur le territoire ».
Un administrateur provisoire nommé
L’ARS confie la conduite du redressement à Alexandre Aubert, ancien directeur du Centre hospitalier de Pontoise. Sa feuille de route prévoit un travail « en lien étroit » avec les équipes, les élus locaux et les partenaires du secteur. La méthode consiste à associer les professionnels au diagnostic et aux solutions, pour poser un cadre commun et accélérer les décisions.
Projets médicaux maintenus
Malgré ce pilotage exceptionnel, l’Agence confirme la poursuite de plusieurs chantiers déjà engagés, présentés comme essentiels pour l’accueil des patients et les conditions de travail :
- Rénovation complète des urgences ;
- Déploiement d’une IRM au sein de l’établissement ;
- Construction d’un nouvel EHPAD, pour améliorer l’hébergement des résidents et l’environnement de travail des équipes.
Ces investissements structurants visent à renforcer l’outil hospitalier tout en répondant aux besoins du bassin de vie, au croisement de la ruralité et des franges franciliennes.
Ce que change l’administration provisoire
Ce régime temporaire permet à un administrateur d’exercer, pour une durée limitée, des attributions de direction élargies afin d’engager rapidement des mesures d’assainissement et d’organisation. Pour les habitants, l’enjeu est double : sécuriser la continuité des prises en charge et clarifier la trajectoire financière. L’ARS souligne la nécessité de bâtir une voie de redressement « crédible et partagée ».
Repères clés
| Élément | Détail |
|---|---|
| Date d’effet | 1er juillet |
| Autorité décisionnaire | ARS Normandie |
| Aides reçues | 9,4 M€ en trois ans |
| Administrateur provisoire | Alexandre Aubert (ex-CH de Pontoise) |
| Projets maintenus | Urgences (rénovation), IRM, nouvel EHPAD |
Un signal d’alerte pour le territoire
Si d’autres hôpitaux connaissent des tensions budgétaires, le cas de Gisors se démarque, selon l’ARS, par la persistance des déséquilibres et l’absence d’un plan de redressement jugé suffisamment robuste. La réussite du pilotage provisoire reposera sur la capacité à fédérer soignants, encadrement et partenaires publics autour d’un calendrier clair et de priorités partagées, tout en maintenant le cap des investissements déjà lancés.