Une demande officielle adressée au ministère de l’Intérieur
La commune d’Aize, dans l’Indre, se heurte depuis plusieurs années aux effets des mouvements de terrain induits par la sécheresse puis la réhydratation des sols. Face à la persistance des dégradations sur des bâtiments, la sénatrice Frédérique Gerbaud a adressé ce 1er juillet 2026 un courrier au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, pour solliciter la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle pour la commune.
Cette initiative intervient après l’arrêté ministériel pris fin 2025, qui n’intégrait pas Aize au dispositif, malgré des sinistres documentés sur le bâti. La sénatrice dit vouloir apporter une réponse rapide aux difficultés rencontrées par des habitants dont les habitations ont été endommagées.
Des démarches longues et un sentiment d’injustice
Plus de vingt dossiers auraient été déposés en mairie, selon la communication transmise. Plusieurs recours administratifs restent ouverts, et un contentieux a été débouté devant le Conseil d’État en 2025. Pour de nombreux foyers, l’absence de reconnaissance officielle bloque les solutions assurantielles et retarde les travaux indispensables.
« au titre des dommages causés par les mouvements de terrain dus au phénomène de sécheresse et de réhydratation des sols »
« La sénatrice déplore que le dernier arrêté ministériel en date sur ce thème, pris fin 2025, exclue explicitement cette commune du champ du bénéfice de l’état de catastrophe naturelle malgré les sévères dégâts sur bâtiments constatés depuis plusieurs années »
« Joint à plus de vingt dossiers déposés en mairie à ce jour, de nombreux recours administratifs pour la plupart toujours en suspens et un débouté devant le Conseil d’État en 2025, ce nouveau revers suscite plus que jamais colère et incompréhension chez les administrés »
« au détriment de l’usage normal des bâtiments et de la sécurité de leurs occupants »
Des conséquences très concrètes pour les sinistrés
Au-delà des procédures, ce sont les usages quotidiens des logements qui sont perturbés. Fissures, affaissements, désordres structurels: ces phénomènes liés aux retraits-gonflements des argiles imposent des réparations parfois lourdes. L’élue souligne que l’absence de prise en charge par les assureurs, en l’état, pèse directement sur la capacité des propriétaires à engager les travaux et fragilise la sécurité des occupants.
La reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle conditionne en effet le déclenchement de garanties spécifiques dans de nombreux contrats. À Aize, c’est l’ensemble d’un parcours administratif qui est en suspens, avec pour enjeu un retour à des conditions d’habitat sereines et durables.
Un calendrier marqué par les refus successifs
La séquence administrative résume l’impasse actuelle. Les habitants, épaulés par la commune, ont multiplié les saisines, sans obtenir pour l’instant l’inscription d’Aize dans les arrêtés nationaux relatifs aux épisodes de sécheresse.
| Période | Événement |
|---|---|
| Depuis plusieurs années | Dégradations sur des bâtiments liées aux mouvements de terrain |
| 2025 | Débouté devant le Conseil d’État |
| Fin 2025 | Arrêté ministériel sur la sécheresse: Aize exclue |
| 1er juillet 2026 | Courrier de la sénatrice Frédérique Gerbaud à Laurent Nuñez |
Une attente forte d’un signal de l’État
La demande formulée au ministère se veut un signal d’urgence. L’élue met en avant non seulement les désordres constatés, mais aussi la charge financière et psychologique qui pèse sur les familles. Le message adressé à l’État est clair: sans reconnaissance officielle, la spirale des reports de chantiers et des incertitudes s’allonge, avec un risque accru pour certaines constructions.
Dans cette phase, les habitants d’Aize, dont plusieurs dizaines ont déjà formalisé leur situation, espèrent une issue administrative qui permette, à terme, d’accélérer l’instruction des sinistres et de préserver l’habitabilité de leurs logements.
Ce qui est en jeu pour la commune
- La sécurisation des occupants et la remise en état des bâtiments endommagés.
- La possibilité d’activer des garanties d’assurance conditionnées par l’état de catastrophe naturelle.
- La sortie d’un enchaînement de recours et décisions défavorables qui alimentent la tension locale.
À l’heure où les épisodes de sécheresse deviennent plus marqués et plus fréquents, Aize illustre la vulnérabilité de certaines communes rurales aux mouvements de sols. La décision attendue du ministère sera scrutée de près par les sinistrés, mais aussi par les collectivités confrontées à des phénomènes similaires dans le département.