À l'approche du Grand Départ, un objectif simple: regagner une étape
À trois jours du départ du Tour de France 2026 depuis Barcelone, Julian Alaphilippe a clarifié ses priorités. Le coureur de l'équipe Tudor, âgé de 34 ans, ne promet rien d'autre qu'une bataille pour une nouvelle victoire d'étape, la septième de sa carrière sur la Grande Boucle. Après un premier semestre laborieux, il dit avoir retrouvé un meilleur allant, sans masquer les signes du temps qui passe et la montée d'une génération affûtée.
Un printemps en panne, un recentrage pour juillet
Le Soudal puis Tudor ont connu par le passé un Alaphilippe flamboyant. Cette saison, l'équation a changé. Le Français reconnaît une entame 2026 sans éclat, avec un arrêt anticipé sur les classiques ardennaises pour repartir « presque de zéro ». Le pari: reconstruire patiemment sa condition en vue de juillet, plutôt que de s'épuiser dans une dynamique défaillante. L'enjeu est désormais limité mais clair: convertir les sensations retrouvées en efficacité, au bon moment.
« Mon début de saison n’a pas été bon. Je ne performais pas du tout, j’ai dû stopper les Ardennaises pour faire un vrai break, repartir de zéro ou presque pour reconstruire ma forme pour le Tour. »
La lucidité d’un champion face à la nouvelle vague
Double champion du monde en 2020 et 2021, Alaphilippe n’ignore pas la redistribution des cartes au plus haut niveau. Il assume reculer « dans la hiérarchie » et mesure l’écart qui se « creuse » avec des coureurs plus jeunes, à la récupération plus rapide. Reste la flamme, intacte, et une manière bien à lui de lire la course et d’attaquer quand d’autres calculent. Il le répète: la passion demeure, et avec elle l’envie d’être utile et décisif sur une ou plusieurs journées clef.
« L’écart se creuse avec la jeune génération et j’ai une moins bonne récupération que les jeunes qui arrivent. Mais je suis toujours passionné par ce que je fais. »
Des repères solides, un but atteignable
Avec six succès d’étape déjà acquis sur le Tour, le Français sait ce que requiert un final maîtrisé et une sélection osée dans les difficultés. Sa dernière victoire remonte toutefois à cinq ans. Entre-temps, des « moments difficiles » ont jalonné son parcours. Il ne s’en cache pas, préférant parler de résilience et d’un plaisir intact à l’idée de se battre pour une journée de grâce. Il abordera à Barcelone son huitième Tour, avec l’expérience de ces longues trois semaines et le poids des émotions qu’elles charrient, du premier drapeau à damier jusqu’aux Champs-Élysées.
Données repères
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Âge | 34 ans |
| Équipe | Tudor |
| Victoires d'étape sur le Tour | 6 |
| Objectif 2026 | Une 7e victoire d'étape |
| Dernière victoire sur le Tour | Il y a 5 ans |
| Participations au Tour | 8e édition en 2026 |
Un pari raisonnable, une attente mesurée
À l’heure où la Grande Boucle s’ouvre aux audaces de la jeunesse, la trajectoire d’Alaphilippe penche vers la justesse des choix. Sans viser le classement général, il resserre la focale sur un terrain à sa mesure: une étape pour puncheurs, un final casse-pattes, un coup d’avance dans la lecture de course. C’est là que l’expérience peut encore peser. Pour le public français, l’enjeu résonne: revoir le Tricolore lever les bras, le temps d’un jour d’été, sur une route de France.
- Ambition claire: cibler une étape plutôt que la régularité du général.
- Réalisme assumé: reconnaître le poids des années et l’essor des jeunes.
- Expérience: capitaliser sur huit participations et six victoires passées.
Barcelone en ligne de mire, puis la route
Le départ à J-3 ne laisse plus de place qu’aux derniers réglages. Alaphilippe dit se « sentir beaucoup mieux » physiquement. La suite dépendra de l’alignement des circonstances: le profil des étapes, la forme du jour, l’appui de l’équipe Tudor et l’opportunité de se glisser dans la bonne échappée. Un scénario qu’il connaît par cœur et qu’il espère rejouer, une nouvelle fois, sur les routes de juillet.