Un film ancré dans l’enfance et la camaraderie
Le duo de réalisatrices Lise Akoka et Romane Guéret revient avec un long métrage qui porte son attention sur des moments du quotidien capables de définir des trajectoires. Ma Frère suit Shai et Djeneba, deux jeunes de 19 ans originaires d’un quartier populaire parisien, qui quittent leur milieu le temps d’un été pour encadrer une colonie dans la Drôme. Le film explore la redéfinition d’une amitié à l’aube de l’âge adulte, tandis que les enfants dont elles ont la charge découvrent leur propre indépendance.
Contrairement à une représentation anecdotique des colonies, les autrices choisissent un récit ancré dans la réalité sociale d’aujourd’hui, prolongement naturel de leurs précédents travaux. Leur cinéma s’intéresse aux détails ordinaires — les gestes, les échanges, les micro-événements — qui composent la vie d’un collectif.
Une mise en scène tournée vers l’authenticité
La partition du film repose largement sur la rencontre entre les deux figures principales et une galerie d’enfants souvent truculente et touchante. Le procédé n’est pas nouveau chez ces réalisatrices, mais il se renouvelle ici par une forme sensible et une écriture qui se veut attentive aux voix réelles des jeunes banlieusards. Le film paraît ainsi vivant, tant par le rythme que par la précision des dialogues et des situations.
« plein de vie et d’énergie, tour à tour drôle, enlevé, dialogué avec talent »
Cette appréciation souligne la tonalité du film : un mélange d’humour, de vitalité et de finesse dans le traitement des personnages. Les deux jeunes actrices qui incarnent les animatrices, ainsi que les enfants, sont au centre de la réussite de l’ensemble.
Un casting construit et exigeant
La qualité du casting est l’un des points mis en avant par la critique : la sélection s’est faite après des auditions massives, dans le but de trouver des voix et des présences à la fois singulières et crédibles.
| Élément | Nombre |
|---|---|
| Enfants retenus | une vingtaine |
| Candidats auditionnés | plus de 1 500 |
Ce travail de casting a pour effet d’offrir à l’écran une diversité de profils et d’énergies, appuyée par un scénario qui se nourrit d’observations menées en ateliers avec des jeunes. Le résultat est un film qui évite les caricatures et qui cherche à rendre compte de la vitalité première des personnages.
Pour les spectateurs de la Creuse
Sans prétention politisante, le film propose un aperçu intime et empathique de l’adolescence et des solidarités de quartier. Pour les habitants de Guéret, c’est une proposition culturelle qui renouvelle la représentation des jeunes issus des banlieues et qui offre un terrain d’échanges autour de la jeunesse, de l’animation et de l’émancipation estivale.
- Un film porté par deux réalisatrices françaises connues pour leur regard sur la jeunesse.
- Une direction d’acteurs basée sur un casting exigeant et des ateliers auprès de jeunes.
- Un ton où se mêlent humour, vitalité et observation sociale.