Un projet de refonte annoncé jusqu'en 2029
Le musée Toulouse‑Lautrec d'Albi va connaître une transformation majeure dans les prochaines années, avec une refonte complète de sa muséographie et de son parcours prévue pour être achevée en 2029. Sous la conduite de la conservatrice, Fanny Girard, l'établissement entend renouveler sa manière de présenter l'œuvre et la figure d'Henri de Toulouse‑Lautrec.
Plutôt que de redéfinir l'artiste, la direction choisit d'« accentuer certaines choses » : donner davantage de place au contexte historique et social, souligner les liens de Lautrec avec la littérature et le théâtre, et replacer son œuvre au sein des réseaux artistiques de son époque.
"Nous n'allons pas réinventer un nouveau Lautrec. On va accentuer certaines choses. Son rapport à la littérature, au théâtre..."
La volonté affichée est de proposer un discours scientifique redéfini, précisant que « nous voulons présenter Lautrec et son œuvre d'une autre façon ». Cette approche s'inscrit dans une perspective d'histoire sociale, qui vise à montrer que l'activité artistique ne se réduit pas à la peinture prise isolément.
- Remise à plat du parcours muséal et de la muséographie.
- Renforcement du contexte politique, social et culturel autour de l'artiste.
- Mise en dialogue des œuvres de Lautrec avec celles de ses contemporains et successeurs.
Le musée dispose d'un atout pour ce projet : dès ses premiers conservateurs, un fonds d'art moderne avait été constitué volontairement pour permettre ces confrontations. On y retrouve des noms tels que Bonnard, Vuillard, Vallotton, Denis, Gauguin et Matisse, que la direction souhaite désormais faire circuler davantage dans le parcours afin de valoriser des œuvres parfois reléguées au second étage.
| Élément | Objectif |
|---|---|
| Muséographie | Refonte complète du parcours jusqu'en 2029 |
| Contenu scientifique | Renforcement du contexte historique et social |
| Collections | Dialogues accrus avec Bonnard, Vuillard, Gauguin, Matisse... |
Autre axe du projet : valoriser le bâtiment lui‑même. Le palais de la Berbie et son architecture feront l'objet d'une attention particulière avec la proposition d'un double parcours, visant à mieux faire percevoir le lien entre le lieu et les collections exposées. Cette option correspond à un objectif personnel de la conservatrice depuis son arrivée.
Pour le public albigeois comme pour les visiteurs, l'enjeu est double : approfondir la compréhension d'un artiste majeur tout en rendant plus visibles des pièces moins connues. À terme, la nouvelle présentation doit permettre d'attirer des publics plus divers et de recontextualiser Lautrec au sein de son époque artistique.