Un acteur central du médico-social qui redresse la barre
Réunie en assemblée générale le 24 juin, l’Algéei — principale association d’éducation et d’insertion des personnes en situation de handicap en Lot-et-Garonne — a présenté des comptes en nette amélioration et un calendrier de projets fourni. L’organisme, pilier du secteur à l’échelle départementale, dit avoir engagé un travail de fond pour reconstituer ses marges de manœuvre après une année 2025 marquée par une forte tension sur les charges.
« Notre situation financière s’améliore, nos projets ont rarement été aussi nombreux »
Selon son président, Daniel Panteix, le budget 2025 a été certifié sans réserve. Le déficit, qui dépassait les 2 millions d’euros l’an passé, est ramené à 374 000 € cette année. La trajectoire reste prudente, mais le signal est clair : la structure sort de la zone de turbulences, sans relâcher l’effort de pilotage.
Des tensions locales, une médiation engagée
Si la situation est qualifiée de « saine » avec l’ARS et dans les Landes, l’association reconnaît une fragilité plus marquée en Lot-et-Garonne. Une médiation est en cours avec le Conseil départemental, principal financeur aux côtés de l’Agence régionale de santé. En toile de fond, les effets cumulatifs de la revalorisation salariale du Ségur et des hausses de rémunérations, qui continuent d’alourdir la masse salariale dans un secteur déjà sous contrainte.
Le rappel des ordres de grandeur permet de mesurer l’enjeu local : l’Algéei regroupe 36 structures — dont 17 pour enfants et 11 pour adultes —, emploie 1 035 salariés et accompagne 4 030 personnes. À cette échelle, chaque point de financement ou d’organisation a des conséquences concrètes sur l’accueil, l’accompagnement et l’inclusion.
Déploiements en cours et chantiers à venir
L’association confirme la poursuite de son développement dans les Landes, où elle compte désormais six structures. Dernière étape marquante : l’acquisition de l’Établissement d’accueil médicalisé (EAM) « Chacun sa vie, chacun sa réussite », un campus dédié aux jeunes autistes. À Mont-de-Marsan, une Maison des adolescents est par ailleurs ouverte depuis quelques mois.
En Lot-et-Garonne, l’Algéei met l’accent sur l’école inclusive et sur des actions d’insertion par la culture et l’emploi. Deux anniversaires symboliques seront marqués : 10 ans du DuoDay et 10 ans d’« Orchestre à l’école ». Les ouvertures de classes dédiées se concentrent dans le Villeneuvois, signe que les besoins y sont identifiés et que les partenaires éducatifs suivent.
Ce que cela change pour les familles et les équipes
Pour les familles, la réduction du déficit et la stabilisation du budget doivent se traduire par un maintien de l’offre d’accompagnement et, à terme, par une meilleure visibilité sur les places, les dispositifs de répit et les parcours de scolarisation. Pour les 1 035 collaborateurs, la prudence budgétaire annoncée rappelle toutefois que la période reste surveillée : la charge salariale demeure élevée et les besoins augmentent.
Au niveau territorial, la médiation avec le Département est un point sensible : son issue conditionnera la capacité de l’association à absorber l’augmentation des coûts sans réduire l’activité. Dans les Landes, le développement testé ces dernières années sert de laboratoire : il permet d’essaimer des projets innovants et de mutualiser certaines pratiques.
Chiffres-clés et périmètre
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Déficit l’an passé | > 2 M€ |
| Déficit cette année | 374 000 € |
| Établissements | 36 (17 enfants, 11 adultes) |
| Salariés | 1 035 |
| Personnes accompagnées | 4 030 |
| Structures dans les Landes | 6 |
Repères et points de vigilance
- Certification sans réserve du budget 2025, gage de fiabilité des comptes.
- Médiation active avec le Conseil départemental du Lot-et-Garonne pour sécuriser les financements.
- Poursuite de l’école inclusive et des actions d’insertion (DuoDay, Orchestre à l’école), avec un focus sur le Villeneuvois.
- Montée en puissance dans les Landes autour de l’EAM « Chacun sa vie, chacun sa réussite » et de la Maison des adolescents de Mont-de-Marsan.
Dans un secteur où les tensions de recrutement et de financement s’additionnent, l’Algéei affiche un cap : sécuriser ses équilibres et maintenir l’innovation sociale de proximité. Les prochains mois diront si la médiation locale et les appuis de l’ARS suffisent à stabiliser durablement le cœur d’activité en Lot-et-Garonne, tout en poursuivant l’essaimage landais.