Une balade matinale sur l’îlot végétal d’Angoulême
Au petit matin, quand le soleil se lève sur l’Île Marquet, l’endroit se révèle moins comme un simple espace vert que comme un micro-paysage périurbain chargé d’histoires et d’usages. C’est là que Marc Buergo, animateur de sorties nature, mène depuis une trentaine d’années des promenades qui mêlent botanique, sensorialité et transmission. Habitué du site et ancien forestier, il propose de porter un autre regard sur ces arbres que la ville côtoie quotidiennement.
L’îlot, coincé entre les quartiers de Saint-Cybard et L’Houmeau, offre un cortège de végétaux familiers : figuiers dont les fruits n’atteignent pas encore la maturité, vignes sauvages, ronces à mûres, houblon et, surtout, quelques tilleuls remarquables qui structurent le paysage.
Un appareil qui rend audible « le potentiel énergétique » des plantes
Ce qui attire l’attention, parfois étonne, c’est la manière dont Marc Buergo « lit » les arbres. À l’aide d’un boîtier qu’il connecte aux feuilles et aux racines, il traduit en sons l’activité physiologique des plantes. Quelques secondes après la connexion, une enceinte diffuse des notes issues de ces impulsions : «
c’est comme l’électrocardiogramme d’une plante en musique», décrit-il, comparant l’écoute à une mise en résonance entre humains et végétal.
Le public, surpris, note souvent l’effet apaisant de l’expérience. Entendre un tilleul centenaire « chanter » invite à ralentir le pas et le souffle, et à mesurer autrement la présence des arbres au cœur de la cité.
Histoire professionnelle et choix de vie
Après des études forestières et un passage par l’Office national des forêts, Marc Buergo a choisi une trajectoire personnelle marquée par la proximité du vivant : arboriste grimpeur, cueilleur et cultivateur de plantes médicinales, il a orienté son activité vers la médiation nature. Son parcours, ponctué d’une parenthèse amazonienne et de l’expérience de la tempête de 1999, éclaire son engagement pour une gestion différente des espaces arborés urbains.
Un îlot confronté au bruit et à la ville
Malgré son caractère végétal, l’île Marquet reste périurbaine : le bruit des voitures et des chantiers du port voisin se fait parfois entendre. Mais, note Marc Buergo, ces sons sont souvent « vite absorbés par le chant des oiseaux ». Bergeronnettes, mésanges et autres passereaux participent à la bande sonore du lieu, renforçant sa fonction de refuge écologique au sein d’Angoulême.
- Espèces observées : tilleuls (dont un « doyen » estimé à 150 ans au moins), figuiers, vignes, mûriers, houblon.
- Usages : promenades, animations nature, cueillette modérée, observation d’oiseaux.
- Enjeux : préservation du caractère végétal face au bruit et aux pressions urbaines.
| Élément | Remarque |
|---|---|
| Tilleul doyen | âgé d'au moins 150 ans |
| Localisation | Île Marquet, entre Saint-Cybard et L’Houmeau |
| Activités | sorties nature, observations, médiation |
À l’heure où les îlots de fraîcheur et de biodiversité en ville prennent une importance accrue dans le contexte climatique, l’îlot Marquet illustre la valeur des espaces verts de proximité pour le bien-être des habitants. Les initiatives de médiation menées par des acteurs locaux tels que Marc Buergo participent à rappeler que la sauvegarde de ces sites passe autant par des savoir-faire que par une attention collective.
Pour les Angoumoisins, l’île reste une invitation : à écouter, à cueillir avec respect et à considérer le paysage non plus seulement comme décor, mais comme partenaire vivant de la cité.