Une déviation attendue pour soulager un village traversé par 13 000 véhicules
Le dossier routier de La Chapelle-en-Vexin, petite commune de 320 habitants située à la limite nord-ouest du Val-d'Oise, franchit une nouvelle étape. Le commissaire-enquêteur chargé de l'enquête publique a rendu un avis favorable à la demande de déclaration d'utilité publique concernant la création d'une déviation de la D14. Après près de cinquante ans de mobilisation citoyenne, les riverains voient se dessiner une solution concrète aux nuisances et aux risques routiers qui les affectent quotidiennement.
Le projet prévoit la réalisation d'une voie de 2,7 km, organisée en 2x1 voie, qui contournera le bourg à environ 700 mètres au nord. Le tracé a été revu à plusieurs reprises durant l'instruction afin de limiter l'impact sur les zones humides, préserver les chemins agricoles et tenir compte des inventaires d'espèces protégées relevés sur le terrain.
- Objectifs : réduire le trafic de transit, diminuer les nuisances sonores et vibratoires, améliorer la sécurité des piétons et riverains.
- Aménagements prévus : renaturation des anciens espaces routiers, aménagements pour mobilités douces sur l'ancienne D14, protections pour les habitats naturels identifiés.
- Contexte : le centre du village a connu des restrictions temporaires (feu tricolore, radar) mais les risques persistaient.
« Je ne vais rien lâcher »
Cette phrase, prononcée par une élue locale lors des débats, résume la détermination des habitants et des responsables municipaux. La D14 traverse La Chapelle-en-Vexin et supporte quotidiennement l'équivalent de 13 000 véhicules, dont environ 10 % de poids lourds. Ces flux importants expliquent les nombreuses nuisances rapportées : bruit, pollution, vibrations affectant les bâtiments riverains, et un historique d'accidents graves.
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Longueur de la déviation | 2,7 km |
| Distance du bourg | ~700 m |
| Trafic journalier actuel | 13 000 véhicules/jour |
| Part de PL | 10 % |
| Accidents 2000–2014 | 13 accidents corporels entraînant 6 décès |
Les élus départementaux ont déjà marqué leur accord sur le principe du projet lors d'une séance du conseil départemental, geste qui a encouragé les riverains et les anciens responsables municipaux toujours impliqués dans le dossier. Joëlle Valenchon, ancienne maire, a témoigné de l'ampleur du problème : les murs des maisons bougent, les barrières de protection doivent être remplacées fréquemment, et la présence croissante de gros camions aggrave la situation.
Le plan comprend également des mesures pour requalifier l'ancienne D14 en y intégrant des aménagements pour les mobilités douces et des travaux de renaturation afin d'améliorer le cadre de vie et de compenser les impacts du nouveau tracé. Les prochaines étapes administratives et techniques détermineront le calendrier précis des travaux et les modalités de consultation complémentaire des acteurs locaux.
Pour les habitants, la déviation représente la promesse d'un retour au calme et d'une diminution sensible des risques. Reste à conduire la phase opérationnelle sans accrocs pour transformer cinquante ans de revendications en chantier effectif.