Quatre ans après la catastrophe, une reconquête progressive
Entre le 8 et le 12 août 2022, un incendie d'ampleur avait détruit environ 1 400 hectares de forêt et de végétation à Baugé-en-Anjou. Aujourd’hui, la sylve rejoue un rôle visible dans le paysage : reprises de souches, jeunes arbres et arbustes comblent peu à peu les espaces dévastés. Mais la renaissance n'est pas uniforme et oblige à des arbitrages techniques.
Choix techniques : laisser faire la nature ou planter ?
Face à une régénération parfois trop lente ou trop fragile, les gestionnaires forestiers ont dû combiner deux approches : soutenir la reprise naturelle lorsque le couvert et la diversité le permettaient, et intervenir par des plantations là où les jeunes pousses peinaient à s'implanter.
« Ça a été un électrochoc »
Cette prise de conscience a poussé à sélectionner des essences mieux adaptées aux conditions climatiques projetées, afin d'augmenter la résilience des peuplements. L'objectif n'est pas de recréer exactement la forêt d'avant, mais de favoriser des formations capables de résister aux étés plus secs et aux épisodes météo extrêmes.
Le contexte récent : un feu encore présent en 2026
Le contexte reste d'ailleurs tendu : début août 2026, un foyer a brûlé 55 hectares dans la forêt de Guédeniau, commune voisine de Baugé-en-Anjou. Ces incidents rappellent que la vulnérabilité demeure et que les actions de prévention et d'entretien sont déterminantes.
- 2022 : incendie majeur, ~1 400 hectares touchés à Pugle (Baugé-en-Anjou).
- 2026 : nouvelle brûlure de 55 hectares dans la forêt de Guédeniau.
- Stratégie : mix de régénération naturelle et de plantations d'essences plus résistantes au chaud et à la sécheresse.
Conséquences pratiques pour les communes et les usagers
Sur le terrain, ces choix se traduisent par des interventions visibles : coupes d'arbres morts, plantations en lignes, protections contre le pâturage et parfois clôtures temporaires pour laisser les protections naturelles se développer. Les sentiers et zones de promenade ont été repensés dans certains secteurs, avec des mesures visant à réduire les risques d'incendie liés aux flux de visiteurs l'été.
Un chantier à long terme, qui mobilise acteurs locaux et élus
La restauration forestière mobilise désormais propriétaires, forestiers, services techniques et associations locales. Au-delà du rétablissement du couvert végétal, la question se pose aussi en termes de services écosystémiques : protection des sols, biodiversité, qualité des paysages et usages récréatifs. Les prochains étés seront déterminants pour confirmer les choix d'essences et d'aménagements adoptés.
| Année | Surface incendiée | Localisation |
|---|---|---|
| 2022 | ~1 400 ha | Baugé-en-Anjou (forêt de Pugle) |
| 2026 | 55 ha | Forêt de Guédeniau (Baugé-en-Anjou) |
Si la forêt reprend des couleurs, la mémoire du feu et la fragilité des jeunes peuplements imposent vigilance et actions soutenues. Les décideurs locaux, comme les usagers, devront maintenir les efforts pour que la sylve redevienne un atout durable du territoire.
Gaspard Bourreau, correspondant InfoRadar pour le Maine-et-Loire