Une rentrée «dans le noir» et des sanitaires hors d’usage
À l’heure où les lycées de France ouvrent leurs portes, le lycée professionnel d’Alembert, à Aubervilliers, a vu la majorité de ses enseignants faire grève le 7 septembre, jour de la rentrée, pour protester contre l’état des locaux. Infiltrations anciennes, éclairages défaillants, stores cassés et sanitaires hors d’usage : le tableau dressé par le personnel est sans concession.
Le professeur de lettres-histoire Olivier Maheo raconte une rentrée familière de dégradations : «Il y avait une fenêtre qui s’ouvrait péniblement parce que tous les stores sont à la main. Tout est pété. Quand j’ai voulu allumer la lumière, c’est pareil : sur quatre interrupteurs, il y en avait qu’un qui marchait», rapporte-t-il. Les enseignants ont choisi de faire valoir leur droit de retrait collectif pour obtenir un engagement concret des autorités.
Des enseignants qui veulent des réponses de la Région
Devant la grille de l’établissement, les professeurs ont affiché une banderole et présenté un inventaire — photos à l’appui — des problèmes rencontrés. Ils réclament à la Région Île-de-France un calendrier précis de travaux. Selon le personnel, il ne s’agit pas d’incidents isolés : certains établissements subissent ces conditions «depuis plusieurs années».
- Infiltrations et problèmes d’étanchéité signalés sur plusieurs zones du lycée.
- Éclairage défaillant : interrupteurs et luminaires hors service dans plusieurs salles.
- Stores cassés : recours à des solutions de fortune (dictionnaires pour caler les stores).
- Sanitaires hors d’usage : impactant l’hygiène et le quotidien du personnel et des élèves.
«On se retrouve à faire grève à partir de notre salaire, simplement pour travailler dans des conditions correctes»,
ont affirmé les enseignants, sommés d’agir pour que la rentrée soit effective dans des conditions dignes. Le mouvement a été limité à une journée : les cours ont repris dès le lendemain, après la mobilisation symbolique du premier jour.
Conséquences locales et responsabilités
Ce conflit met en lumière deux enjeux locaux : la maintenance des bâtiments scolaires et la répartition des responsabilités entre l’État, la Région et les collectivités locales. Le lycée d’Alembert, comme d’autres établissements en Seine-Saint-Denis, se trouve au cœur d’un débat récurrent sur l’état du parc scolaire dans le département.
Pour les familles et les élèves d’Aubervilliers, ces dysfonctionnements pèsent sur les conditions d’apprentissage et alimentent l’inquiétude quant à la sécurité et à l’hygiène. Pour le personnel, la grève du 7 septembre visait à obtenir non seulement des engagements, mais un calendrier de travaux précis et des interventions rapides pour remettre les locaux en état.
| Problème constaté | Effet signalé |
|---|---|
| Stores cassés | Salles plongées dans l’obscurité, recours à des objets pour caler |
| Interrupteurs défaillants | Éclairage partiel ou absent dans plusieurs classes |
| Sanitaires hors d’usage | Problèmes d’hygiène et d’usage quotidien |
La grogne des équipes pédagogiques d’Alembert s’inscrit dans un contexte plus large : l’état du bâti scolaire en Seine-Saint-Denis interroge régulièrement élus et usagers. Les enseignants attendent désormais une réponse claire de la Région sur le calendrier et l’étendue des travaux envisagés. En attendant, la question reste entière pour les habitants d’Aubervilliers : comment garantir des conditions d’enseignement décentes dès la rentrée ?