Une première promotion exemplaire
À Bar-le-Duc, la nouvelle filière horlogère implantée au lycée Saint-Louis vient de boucler sa première année avec un résultat net : 100 % de réussite au CAP pour les six apprentis. Chacun a décroché une mention, preuve que l’atelier d’apprentissage, porté par l’association L’Horlogerie des Ducs et en partenariat avec le Campus des métiers Saint-Nicolas, trouve déjà sa cadence.
Un an à peine après l’ouverture, cette formation — la seule de ce type dans le Grand Est — confirme son ancrage. Les évaluations finales saluent autant la dextérité que l’endurance nécessaire à un métier de précision qui s’inscrit dans le temps long.
Mentions et distinctions : l’exigence paye
Au bilan, la promotion se distingue par la variété et la qualité des résultats. La répartition des mentions illustre un niveau homogène et élevé :
| Résultat | Effectif |
|---|---|
| Assez bien | 3 |
| Bien | 2 |
| Très bien | 1 |
Au-delà du diplôme, cinq élèves sur six ont validé la certification internationale niveau 1 de la Fondation Haute Horlogerie. Côté concours, trois apprentis se sont alignés pour le titre de Meilleur apprenti de France ; deux d’entre eux sont revenus médaillés, en bronze et en argent.
Un écosystème local en construction
Dans une ville marquée par ses ateliers et ses mémoires industrielles, la filière horlogère remet en mouvement un savoir-faire minutieux. L’atelier du lycée, où chaque pièce passée au tamis du regard devient un exercice de patience, attire désormais l’attention d’entreprises et d’artisans qui voient poindre un vivier de compétences.
- Une offre unique en région, à Bar-le-Duc.
- Des résultats unanimement positifs dès la première année.
- Un lien renforcé entre formation, concours et certifications professionnelles.
Préparer la rentrée malgré les vents contraires
Dans l’atelier, l’heure est déjà à la rentrée. La section renouvelle le CAP et ouvre une première promotion de BMA (Brevet des métiers d’art). Mais un grain de sable se loge dans l’engrenage : le contexte économique incertain et les coupes budgétaires décidées par l’État sur les aides à l’apprentissage assombrissent l’horizon.
« Nous sommes inquiets car nos jeunes rencontrent des difficultés pour signer leurs contrats d’apprentissage », analyse Samuel Pasquier.
Le président de l’association à l’origine du projet dit sa joie face aux résultats, mais reste lucide sur les obstacles à lever pour sécuriser les parcours.
Mécénat et matériel : un appel à la solidarité
Pour maintenir le niveau d’exigence, la structure lance un appel aux dons et aux mécènes, avec l’objectif d’investir dans des montres mécaniques et des automatismes indispensables à la formation. L’effort financier conditionne l’accès aux pièces pédagogiques, cœur battant de l’apprentissage.
Un enjeu local de long terme
Au-delà d’un palmarès flatteur, l’enjeu est de retenir à Bar-le-Duc des jeunes formés à un métier rare, dans un secteur où la qualification et la régularité priment. La réussite de cette première cohorte ouvre une voie : celle d’un pôle horloger meusien, lentement constitué, patient, à l’image des rouages qu’on ajuste. Pour que cette promesse tienne, l’articulation entre école, entreprises d’accueil et soutiens financiers devra être assurée sans faille.