Un projet ambitieux qui polarise
La réunion d'information organisée le 25 juin à Tillé, dans le cadre de l'enquête publique ouverte jusqu'au 15 septembre, a cristallisé les tensions autour du projet de modernisation et d'agrandissement de l'aéroport Paris-Beauvais. Le groupement Bellova, concessionnaire depuis octobre 2024, propose un vaste plan d'aménagement évalué à 180 millions d'euros. Objectif affiché : fusionner les deux terminaux, renforcer l'offre commerciale et améliorer la fluidité des mouvements aériens pour viser jusqu'à 9 millions de passagers par an.
Des riverains inquiets
Face à ces ambitions, de nombreux habitants ont exprimé leur crainte d'une dégradation du cadre de vie. Les témoignages ont porté sur l'augmentation du bruit, des incivilités liées aux flux de voyageurs et des effets visibles au quotidien, parfois expliqués sur un ton vif par des participants :
« Bon sang, mais évidemment qu’une voiture ou un avion pollue ! … Vous pensez à nos gamins ? »Ces propos reflètent une anxiété partagée par les associations locales, dont l'ADERA, qui s'interrogent sur la fiabilité des garanties avancées par les porteurs du projet.
Chiffres-clés et promesses
Les chiffres rappelés lors de la réunion mettent en perspective l'évolution rapide du site : de 200 000 passagers au milieu des années 1990, l'aéroport est passé à 4 millions en 2019 puis à 6,7 millions aujourd'hui. Le projet prévoit des infrastructures nouvelles (parkings, déplacement de la gare routière, nouvelles bretelles de taxiway) et un plafond contractuel de 45 000 mouvements annuels, censé limiter la hausse des rotations.
| Année / période | Passagers |
|---|---|
| 1997 (début des liaisons low-cost) | ~200 000 |
| 2019 | 4 000 000 |
| Aujourd'hui | 6 700 000 |
| Objectif projet | 9 000 000 |
Des garanties suffisantes ?
Pour les opposants, la mention d'un plafond de 45 000 mouvements ne suffit pas. Claire Olivier, présidente de l'ADERA, a souligné la crainte que ce chiffre ne constitue qu'une étape et que la capacité effective finisse par dépasser ces limites contractuelles avant 2030. Les riverains demandent des engagements précis et des mécanismes de contrôle renforcés pour que la promesse d'encadrement ne reste pas théorique.
Ce que les Beauvaisiens doivent retenir
- L'enquête publique est ouverte jusqu'au 15 septembre : chacun peut s'informer et déposer des observations.
- Le projet est conduit par le groupement Bellova, qui a repris la concession en octobre 2024.
- Les principales interrogations portent sur le bruit, la pollution, le trafic routier et la gouvernance du plafond de mouvements.
Dans les semaines qui viennent, la consultation publique doit permettre de préciser les contours du dossier et de mesurer si les garanties proposées apaisent les riverains ou, au contraire, confortent leur opposition. Le débat reste ouvert et directement lié à la qualité de vie des habitants de Beauvais et des communes voisines.