Une décision administrative attendue face aux odeurs persistantes
La préfecture de la Somme a engagé une procédure de sanction administrative visant la Secode, le centre d’enfouissement situé à Boves (Amiens Métropole). En cause : des manquements relevés dans l’arrêté préfectoral au sujet de la couverture quotidienne des déchets, étape essentielle pour limiter les relâchements d’odeurs. La filiale de Veolia est condamnée à une amende de 15 000 € et doit se soumettre à de nouveaux tests de contrôle des nuisances.
Un site clé du traitement des déchets sous pression
Le centre enfouit chaque année jusqu’à 200 000 tonnes de détritus, dont une part fermentescible. Ces matières, une fois compactées dans des casiers étanches pour éviter tout contact avec les nappes phréatiques, dégagent des effluves. Celles-ci devraient être atténuées par le recouvrement quotidien des casiers, procédure pointée comme défaillante par le préfet. Au fil des derniers mois, les habitants de Boves et des communes proches, dont Sains-en-Amiénois, ont signalé des odeurs d’« œuf pourri », associées aux composés soufrés par les riverains et les associations.
Amende, contrôles et mesures olfactométriques au programme
Au-delà de l’amende, l’arrêté prescrit la réalisation de mesures olfactométriques exprimées en UOE/m³ (unités d’odeurs européennes par mètre cube). Objectif : quantifier l’intensité des émanations autour du site et vérifier l’efficacité des opérations de recouvrement et de confinement. Ces campagnes de mesure doivent s’inscrire dans une trajectoire de réduction des nuisances, en cohérence avec l’encadrement réglementaire des installations de stockage de déchets.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Montant de la sanction | 15 000 € |
| Capacité annuelle traitée | 200 000 tonnes |
| Contrôles requis | Mesures olfactométriques (UOE/m³) |
Des riverains mobilisés, une sanction jugée trop faible
La décision intervient après une mobilisation locale importante, matérialisée notamment lors de la réunion publique du 17 juin à Sains-en-Amiénois. Les associations et collectifs citoyens pointent la récurrence des désagréments et réclament un meilleur suivi des opérations du site. Pour Nathalie Coppens, présidente de l’association Contre un siècle d’enfouissement à Boves, la sanction ne reflète pas l’ampleur des gênes quotidiennes :
« On sait qu’il y a plein de choses défectueuses sur ce site. La vérité c’est que Veolia ne s’en sort pas sur la gestion [...] 15 000 € ? C’est dérisoire, je trouve qu’on est un peu trop clément. Il y a d’autres actions à faire. »
Cette position traduit l’attente d’un contrôle renforcé et de mesures correctives plus structurelles, au-delà de la simple pénalisation financière.
Ce que change l’arrêté pour l’exploitant
Concrètement, l’entreprise doit répondre sur deux fronts :
- Assurer strictement la couverture journalière des déchets pour contenir les émissions odorantes.
- Mettre en œuvre des campagnes de mesures selon des méthodes normalisées, et en partager les résultats avec l’autorité préfectorale.
Ces obligations s’inscrivent dans le régime des installations classées et peuvent, en cas de manquements répétés, conduire à des mesures graduées supplémentaires décidées par la préfecture.
Un territoire en quête d’apaisement
Les communes riveraines espèrent un retour à une situation supportable, alors que les signalements d’odeurs ont rythmé le quotidien de certains quartiers ces derniers mois. La réunion publique de mi-juin a montré l’ampleur des attentes locales : plus de transparence sur les opérations de recouvrement, un calendrier clair des contrôles et des résultats, et des réponses rapides en cas de pics d’odeurs.
Et maintenant ?
La balle est désormais dans le camp de l’exploitant pour documenter, corriger et démontrer la maîtrise des émissions. La préfecture, de son côté, affiche une vigilance accrue. Les prochains relevés en UOE/m³ seront déterminants pour objectiver les nuisances et guider d’éventuels ajustements techniques. Associations et habitants annoncent qu’ils resteront mobilisés afin d’obtenir des améliorations tangibles et durables.
À retenir
- Sanction de 15 000 € contre Secode pour des manquements de recouvrement des déchets.
- Exigence de tests olfactométriques en UOE/m³ pour mesurer les odeurs autour du site de Boves.
- Les associations jugent la sanction insuffisante et réclament des mesures plus fortes.