Une interruption spectaculaire de la voie d'eau dans le Tonnerrois
Le spectacle est saisissant dans le Tonnerrois : la largeur du canal de Bourgogne s'est réduite sensiblement ces dernières semaines et, face à la sécheresse persistante, la navigation a été interrompue sur un tronçon majeur. Depuis le 19 juillet, la navigation est arrêtée entre Pouilly-en-Auxois et Ancy-le-Franc, a indiqué Voies navigables de France (VNF).
Cette suspension intervient alors que la sécheresse et la canicule ont abaissé les niveaux d'eau, rendant la voie impraticable sur plusieurs sections. Les images drone prises sur place montrent une diminution visible du débit et de la largeur de la voie d'eau.
Pourquoi le canal du Nivernais tient-il encore ?
À quelques dizaines de kilomètres, la situation est différente sur le canal du Nivernais, qui demeure totalement navigable pour l'instant. Le directeur territorial de VNF en Centre-Bourgogne, Lionel Vuittenez, explique que la présence du lac de Pannecière permet d'alimenter l'Yonne et de soutenir les débits nécessaires à la navigation :
"Pour le moment, il n'est pas impacté... On en profite."
Plusieurs facteurs expliquent cet écart : l'Yonne est une rivière de plus forte ampleur et dépend moins de petites retenues exploitées pour le canal de Bourgogne, lequel s'appuie sur six ouvrages de stockage.
- Canal de Bourgogne : coupé entre Pouilly-en-Auxois et Ancy-le-Franc depuis le 19 juillet.
- Canal du Nivernais : navigation maintenue, avec quelques limitations locales de mouillage.
- Lac de Pannecière : joue le rôle de soutien d'étiage pour l'Yonne et, indirectement, pour la navigation.
| Outil | Situation |
|---|---|
| Canal de Bourgogne | Fermé sur un tronçon (sécheresse) |
| Canal du Nivernais | Praticable, limitations ponctuelles |
| Barrage de Panthier | Travaux en cours pour augmenter la capacité |
Des travaux pour renforcer la résilience
VNF a engagé des chantiers sur certains barrages, notamment à Panthier, pour augmenter la capacité de stockage. Les travaux visent à pouvoir conserver un million de mètres cubes d'eau supplémentaires, ce qui, selon l'organisme, représenterait presque un mois de navigation supplémentaire sur le versant Saône du canal de Bourgogne.
Face au réchauffement climatique, ces opérations figurent parmi les priorités de gestion de l'eau de VNF. Les responsables indiquent toutefois qu'aucun "signal d'alerte" n'est actuellement émis au niveau du lac de Pannecière, et que la poursuite de la navigation dépendra de l'évolution des épisodes pluvieux et des débits à venir.
Pour les plaisanciers, les collectivités et les acteurs du tourisme fluvial dans l'Yonne, ces événements rappellent la fragilité des aménagements historiques et l'importance d'investir pour préserver l'usage des canaux, éléments forts du patrimoine local et moteurs d'activité économique estivale.