Chaleur, pénurie de courses et obligation de rester disponibles
La canicule qui frappe la région n'épargne pas les rues de Saint-Étienne. Alors que les thermomètres dépassent fréquemment les 35 °C, les livreurs à vélo des plateformes se retrouvent confrontés à un double dilemme : travailler sous des conditions dangereuses ou perdre des revenus en s'arrêtant.
Au centre-ville, sous les arcades de l'hôtel de ville ou à l'ombre des arbres, de nombreux coursiers attendent une course plus qu'ils ne la cherchent. Du matin à l'après-midi, la cadence habituelle ralentit. Entre 9h et 14h, certains rapportent n'avoir réalisé qu'une seule livraison. Les trottoirs et les places deviennent ainsi des postes d'attente improvisés où la chaleur rend l'activité pénible.
« C'est infernal », raconte l'un d'eux.
Face à cette situation, plusieurs comportements coexistent : rester dehors toute la journée pour ne pas rater une course, accepter toutes les commandes même longues, ou renoncer et subir la perte financière. L'organisation du travail – rémunération à la tâche – transforme la météo en facteur économique direct pour ces travailleurs.
Des aménagements ponctuels mais pas de filet de sécurité
Des commerces locaux tentent d'atténuer le problème : certains restaurants laissent les livreurs se reposer à l'ombre et proposent de l'eau fraîche. À Côté Sushi, par exemple, des carafes sont mises à disposition. Mais ces gestes restent localisés et informels, sans solution systémique pour couvrir la baisse d'activité ou le risque sanitaire.
- Plateformes : Uber Eats et Deliveroo ont annoncé la suspension des livraisons entre 14h et 18h dans les départements en vigilance rouge canicule, sans compensation financière.
- Salaires : rémunération à la course, donc perte directe de revenus en cas d'inactivité.
- Conditions : exposition prolongée au soleil, chaleur qui se dégage de la chaussée, risque d'épuisement.
La CGT pointe l'absence d'un revenu de remplacement pour ces travailleurs lors des périodes où les conditions de travail deviennent dangereuses : sans filet, la santé au travail ne peut être assurée de manière durable.
Conséquences locales et pistes
Pour Saint-Étienne, ce dossier touche plusieurs réalités : l'emploi précaire, la dépendance aux plateformes numériques et la réponse des acteurs locaux. À court terme, les commerçants et associations peuvent offrir des points d'eau ou d'ombre et sensibiliser aux risques. À moyen terme, c'est la question d'une protection sociale adaptée et d'accords entre plateformes et territoires qui se pose.
| Élément | Information |
|---|---|
| Températures constatées | > 35 °C |
| Plages horaires citées | 9h–14h (baisse d'activité), suspension possible 14h–18h en vigilance rouge |
À Saint-Étienne, la canicule met en lumière des métiers essentiels mais fragiles. Entre solidarité de quartier et nécessité de régulations nationales ou locales, la ville est, une fois de plus, confrontée à la réalité des travailleurs de l'ombre qui font tourner la restauration et l'approvisionnement au quotidien.