Un changement immédiat dans le parcours de soins à Carcassonne
À Carcassonne, le centre hospitalier enclenche une réorganisation majeure de l’accès à son service des urgences. Dès le 6 juillet, et pour une durée d’au moins trois mois, toute venue devra être précédée d’un appel au 15. Cette mesure dite d’« accès régulé » a été annoncée lors d’une conférence de presse le 2 juillet par le directeur de l’établissement, Jean Bolliet, entouré des équipes du Samu Smur et de praticiens libéraux.
Le principe est simple : avant de se présenter sur place, il faut composer le 15. Le centre de régulation évalue la situation et oriente le patient vers la structure adaptée, qu’il s’agisse des urgences hospitalières, d’un rendez-vous en médecine de ville ou d’une autre solution de soins.
Pourquoi cette régulation maintenant ?
Ce basculement local s’inscrit dans un plan national visant à réduire le volume de passages évitables aux urgences. L’objectif affiché est de passer de 8 à 4 millions de cas évitables. À Carcassonne, la pression s’est accrue ces dernières années : avant 2024, l’activité était estimée à 39 000 passages annuels, elle se situe désormais autour de 42 000, selon le directeur.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Début de l'accès régulé | 6 juillet |
| Durée annoncée | ≥ 3 mois |
| Passages/an (avant 2024) | 39 000 |
| Passages/an (actuel) | 42 000 |
| Objectif national (passages évitables) | de 8 à 4 millions |
Ce que cela change pour les patients
Le chef de pôle réanimation-urgences du Samu Smur, le médecin Jérôme Alex, résume l’enjeu : mieux flécher chaque demande vers le bon interlocuteur. Selon lui, « deux tiers des personnes qui viennent aux urgences sont régulées ». Le tiers restant correspond à « une cinquantaine de personnes par jour » qu’il convient de réorienter vers la médecine de ville ou les maisons de santé lorsque la situation est programmable (renouvellement d’ordonnance, certificat, etc.).
« L’accès régulé n’est pas une fermeture et quelqu’un qui doit être hospitalisé le sera toujours. »
Le message se veut clair : les situations nécessitant une prise en charge hospitalière continueront d’être admises. L’enjeu est d’éviter les files d’attente pour des motifs qui relèvent d’autres circuits, tout en garantissant l’accueil des vraies urgences.
Une coopération affichée entre l’hôpital, le Samu et les libéraux
La réussite de cette organisation repose sur une coordination élargie. La conférence de presse a mis en avant la collaboration entre le centre hospitalier, le Samu et les médecins libéraux. Le généraliste Benoît Crassous, installé à Trèbes, était présent pour témoigner de cette volonté de travail en commun afin d’absorber les réorientations nécessaires vers la ville, là où un suivi médical peut être assuré hors de l’hôpital.
Mode d’emploi: avant de se déplacer, appeler le 15
Concrètement, le premier geste à adopter est de composer le 15 avant toute venue aux urgences. Le médecin régulateur appréciera la situation et proposera la suite à donner. Cette étape vise à fluidifier le parcours et à limiter l’engorgement du service carcassonnais.
- À partir du 6 juillet : appel au 15 obligatoire avant tout déplacement aux urgences.
- Orientation proposée par le centre de régulation : urgences hospitalières, médecine de ville, maisons de santé, selon la situation.
- Mesure annoncée pour une période d’au moins trois mois, avec suivi de ses effets.
Des effets attendus sur l’attente et la qualité d’accueil
Avec un volume d’entrées en hausse et une part non négligeable de demandes relevant de la médecine programmée, l’accès régulé doit permettre de réduire les attentes, de sécuriser les prises en charge et de recentrer les urgences sur leur cœur de mission. La direction parle d’une régulation « douce », rendue possible par la mobilisation conjointe des acteurs de santé du territoire.
Les usagers sont désormais invités à intégrer ce réflexe : appeler le 15 d’abord, se déplacer ensuite si c’est indiqué. Les prochains mois serviront à mesurer l’efficacité de cette organisation à Carcassonne, dans le cadre d’un mouvement national de tri plus fin des demandes de soins non programmés.