Un dossier ancien remis sur la table après les crues de 2018
Le contentieux autour de l'ancien dépôt pétrolier Shell, situé au bord de la Seine et réhabilité au début des années 2000, a connu un coup d'accélérateur le 2 octobre 2026 : le Conseil d'État a annulé un arrêt qui avait été favorable à l'entreprise et a relancé l'examen de la question. À Choisy-le-Roi, ce dossier renvoie aux inquiétudes nées des inondations de janvier 2018, lorsque des fortes odeurs d'hydrocarbures avaient été perçues dans les parkings et dans les étages d'un immeuble du passage Dong Da.
De 1969 à 2001, le site accueillait un dépôt de produits pétroliers d'une capacité de 63 000 m³ sur environ 3,2 hectares. Lors des opérations de remise en état menées après la fermeture, l'administration a considéré en 2005 que les travaux répondaient aux prescriptions de la préfecture. Toutefois, ces travaux avaient pour objectif la compatibilité des sols avec les usages prévus, et non l'élimination exhaustive de toute trace d'hydrocarbures.
Des polluants laissés dans les sols, et un usage modifié
Les études de l'époque avaient identifié des zones où des terres polluées étaient conservées sous des espaces verts parce que cet état était estimé compatible avec l'usage projeté. Le plan d'aménagement du secteur, la ZAC du Port, prévoyait initialement des squares ; finalement, un immeuble d'habitation a été érigé à la place d'un de ces espaces verts, sur décision de l'aménageur Sadev 94. Par ailleurs, les expertises réalisées n'avaient pas pris en compte le scénario d'une crue susceptible de remobiliser des polluants présents dans les sols.
« La remise en état visait la compatibilité des sols avec les usages prévus, pas l'élimination de toute trace d'hydrocarbures. »
La crue de janvier 2018 a posé la question de l'origine des odeurs constatées : proviennent-elles de polluants déplacés par les eaux ? Cette hypothèse reste à vérifier, selon les éléments portés au dossier.
Quelles suites demandées par l'administration ?
En mars 2020, le préfet a imposé à Shell la réalisation d'une étude complémentaire de la pollution résiduelle, intégrant explicitement le risque de crue, ainsi qu'une surveillance semestrielle des eaux souterraines. Le récent arrêt du Conseil d'État remet sur la table la question de savoir si l'entreprise peut être légalement contrainte à approfondir ces investigations et à engager des opérations nouvelles si nécessaire.
- Historique : exploitation 1969–2001 ; réhabilitation constatée conforme en 2005.
- Enjeu : terres polluées conservées sous espaces verts et modification d'usage (square → immeuble).
- Conséquence : crue 2018 et odeurs signalées, relance judiciaire en 2026.
| Élément | Chiffres mentionnés |
|---|---|
| Capacité du dépôt | 63 000 m³ |
| Surface | 3,2 ha |
| Années d'exploitation | 1969–2001 |
Pour les habitants de Choisy-le-Roi, le dossier pose des questions concrètes : la suffisance des études de réhabilitation passées, l'impact de la transformation d'espaces verts en parcelles bâties et la pertinence d'une surveillance renforcée face à des événements climatiques extrêmes. La décision du Conseil d'État pourrait aboutir à de nouvelles obligations pour Shell, notamment des investigations supplémentaires sur les sols et une surveillance accrue, afin d'assurer que les usages résidentiels autour du site ne présentent pas de risque sanitaire lié à d'éventuelles remobilisations d'hydrocarbures.
La procédure judiciaire relancée sera désormais suivie de près par les autorités locales, les riverains et les associations environnementales, en attente d'une expertise complète qui précise l'étendue des risques et les mesures à prendre pour les maîtriser.