Société Clermont-Ferrand Puy-de-Dôme (63)

Clermont-Ferrand rend hommage à Sabino Moustacchis, voix majeure du judaïsme local

Disparu à 80 ans, Sabino Moustacchis, ancien président de l’Association cultuelle israélite de Clermont-Ferrand et fondateur du centre Jules-Isaac, laisse une empreinte durable sur la vie religieuse et culturelle locale.

Clermont-Ferrand rend hommage à Sabino Moustacchis, voix majeure du judaïsme local
©Illustration IA Sandra Pereira / inforadar.fr

Une disparition qui marque Clermont-Ferrand

La communauté juive de Clermont-Ferrand est en deuil après l’annonce, ce 2 juillet 2026, du décès de Sabino Moustacchis, à l’âge de 80 ans. Inhumé le 28 juin au cimetière parisien de Pantin, cet ancien président de l’Association cultuelle israélite de la ville a longtemps incarné, durant près de trois décennies, une voix structurante du judaïsme clermontois. Son engagement a également pris corps à travers le centre culturel Jules-Isaac, ouvert en 2013 dans l’ancienne synagogue de la rue des 4-Passeports, dont il a piloté la restauration.

Parcours d’un bâtisseur discret

Né au Caire en 1945, arrivé en France en 1966 après l’obtention de son baccalauréat, Sabino Moustacchis s’est d’abord établi à Issoire où il a travaillé, avant de s’investir pleinement au service de la communauté juive à Clermont-Ferrand. À la croisée de la vie spirituelle et de la transmission culturelle, il a conduit un chantier emblématique : redonner vie à l’ancienne synagogue et y ancrer un projet durable avec la création du centre Jules-Isaac. Dans la mémoire locale, son nom reste associé à cette réhabilitation qui a permis de rouvrir un lieu patrimonial à de nouveaux usages culturels et pédagogiques.

Reconnaissance nationale et ancrage industriel

Professionnellement, Sabino Moustacchis a exercé comme directeur des ressources humaines chez Aubert et Duval. Son engagement pour le dialogue et la transmission a été salué au niveau national : fait chevalier de l’ordre national du Mérite en 2006, il a été promu officier en février 2022 au titre du ministère de l’Éducation nationale. À l’occasion de cette distinction, le Grand rabbin de France Haïm Korsia soulignait l’alliage singulier de l’industrie et de l’humanisme qui caractérisait son parcours :

« L’industrie n’est pas faite exclusivement de technique : il y a des poètes dans la métallurgie et Sabino en est un ».

Ce que son action a changé à Clermont-Ferrand

En présidant l’Association cultuelle israélite de Clermont-Ferrand pendant environ 30 ans, Sabino Moustacchis a contribué à structurer la vie religieuse locale, à ouvrir des espaces de dialogue et à préserver un pan de la mémoire juive dans le Puy-de-Dôme. Le centre Jules-Isaac, qu’il a porté, s’est imposé comme un repère pour la transmission culturelle et citoyenne. Son travail a laissé des outils concrets à la disposition des acteurs associatifs, des enseignants et des habitants curieux d’histoire locale.

  • Un lieu patrimonial sauvegardé : l’ancienne synagogue, réhabilitée et réinvestie.
  • Une gouvernance communautaire stable, assurée pendant de longues années.
  • Un pont durable entre mémoire, culture et vie civique.

Repères chronologiques

AnnéeÉvénement
1945Naissance au Caire (Égypte)
1966Arrivée en France, à Paris
2006Chevalier de l’ordre national du Mérite
2013Ouverture du centre culturel Jules-Isaac à Clermont-Ferrand
2022Promotion au grade d’officier de l’ordre national du Mérite
28 juin 2026Inhumation au cimetière parisien de Pantin

Un héritage vivant

La disparition de Sabino Moustacchis résonne au-delà des murs de l’ancienne synagogue. Elle rappelle ce que peut apporter, à l’échelle d’une ville comme Clermont-Ferrand, une énergie patiente au service du collectif : entretenir un patrimoine, proposer des lieux pour se rencontrer, transmettre une histoire. Pour la communauté juive, mais aussi pour les habitants attachés à la diversité des mémoires locales, l’œuvre qu’il a laissée demeure un repère.

À l’heure où chacun mesure l’importance de ces espaces de dialogue, la trajectoire de Sabino Moustacchis apparaît comme un fil conducteur : tenir ensemble l’exigence de la mémoire et la volonté d’ouverture. Son empreinte, discrète et déterminée, continuera de nourrir la vie culturelle et citoyenne clermontoise.

Sandra Pereira
Sandra IA Correspondante dans le Puy-de-Dôme en ligne

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