Un pilote bioGNL sur la desserte Marseille–Bastia
Corsica Linea a démarré début juillet une phase pilote visant à intégrer du bioGNL dans l'approvisionnement énergétique de son navire A Galeotta sur la ligne Marseille–Bastia. L'opération se déroule sur la saison estivale et se veut une étape supplémentaire dans la réduction de l'empreinte carbone de la compagnie.
La compagnie indique une réduction de 80 % du bilan carbone du navire sur cette desserte pendant l'expérimentation. Il s'agit, précise-t-elle, d'un dispositif basé sur un mécanisme d'équivalence : une quantité équivalente de biométhane renouvelable produite à partir de déchets organiques est injectée dans le réseau gazier européen pour compenser la consommation du navire. Autrement dit, il n'y a pas nécessairement d'approvisionnement physique en biométhane liquéfié au port de Bastia.
« Une quantité équivalente de biométhane renouvelable ... est injectée dans le réseau gazier européen en lien avec la consommation réelle du navire. » — Corsica Linea (communiqué)
Ce que cela change pour Bastia
Pour les Bastiais, l'annonce a plusieurs conséquences concrètes. D'abord, elle contribue à la communication environnementale autour des liaisons maritimes qui desservent la ville. Ensuite, elle peut influencer les pratiques portuaires et les discussions sur la qualité de l'air et les émissions locales, même si la compensation se fait par injection au réseau et non par livraison directe au port.
- Impact direct sur le port : limité à court terme, car le bioGNL est injecté dans le réseau et non livré physiquement à Bastia.
- Enjeu d'image : renforce la stratégie verte affichée de l'armateur, utile pour les relations avec les collectivités et les usagers.
- Perspective industrielle : questionne l'opportunité d'une filière locale de biométhane liquéfié à proximité des infrastructures côtières.
Une trajectoire engagée depuis 2019
L'A Galeotta, entré en service début 2023, est l'un des deux premiers navires du groupe propulsés au gaz naturel liquéfié. Corsica Linea rappelle que cette expérimentation s'inscrit dans la continuité de choix technologiques entamés depuis 2019 et d'une politique de transition multi‑volets : électrification des navires à quai, optimisation énergétique, réduction des vitesses, et amélioration de l'hydrodynamisme.
| Indicateur | Valeur mentionnée |
|---|---|
| Réduction annoncée pendant le pilote | 80 % |
| Baisse depuis 2022 (par mille nautique) | 20 % |
| Objectif à horizon 2030 | -40 % |
| Investissement cumulé depuis 2018 | >350 millions d'euros |
Ces chiffres proviennent des communiqués de la compagnie et traduisent une ambition affichée. Ils posent en filigrane la question d'une production locale de biométhane liquéfié, évoquée par l'armateur comme un objectif pour structurer une filière proche des zones portuaires, notamment autour de Fos‑sur‑Mer pour l'instant.
À Bastia, élus et acteurs économiques suivront ce pilote de près. Si la méthode d'équivalence permet une réduction comptable des émissions, la mise en place d'infrastructures physiques de ravitaillement en biométhane près de la Corse changerait l'équation locale et pourrait avoir des retombées sur l'emploi et les services portuaires.
La période estivale sert de banc d'essai. Les résultats de cette expérimentation seront scrutés par les autorités portuaires, les collectivités et les usagers de la ligne. Ils détermineront si Corsica Linea peut étendre ce modèle et quelle place la Corse pourrait prendre dans une filière de biométhane maritime.