Un pilier de la gauche tarnaise s’éteint à 81 ans
Militant communiste de longue date et élu respecté, Roland Foissac est décédé mercredi 1er juillet à l’hôpital d’Albi, à l’âge de 81 ans, des suites d’un accident. Né le 11 janvier 1945 à Carmaux, il aura traversé plus d’un demi-siècle de vie publique dans le Tarn, mêlant engagement syndical, responsabilités politiques et fidélité à une certaine idée du rassemblement de la gauche.
Origines modestes et vocation enseignante
Issu d’une famille paysanne modeste — son père, ouvrier agricole, deviendra mineur de fond —, Roland Foissac réussit en 1961 le concours d’entrée à l’École normale d’instituteurs de Toulouse. L’automne 1965 marque un double départ : son premier poste d’instituteur et son adhésion au PCF. Son parcours de fonctionnaire de l’Éducation nationale nourrira un engagement syndical constant, d’abord au SNI, puis à la FSU-SNUipp. Avec Nelly Azémar — elle-même élue et ancienne dirigeante nationale au sein du PCF —, il aura deux fils, Olivier et Sylvain.
Un responsable communiste de premier plan
Dans l’appareil communiste tarnais, Roland Foissac s’investit sans relâche. Membre du comité fédéral du Tarn de 1971 à 2018, il accède en 1986 au poste de premier secrétaire, fonction qu’il assume en permanence jusqu’en 2000. Son style, ferme sur les principes mais ouvert au dialogue, l’installe comme une figure de stabilité dans un paysage politique changeant. Il revendiquait des valeurs « émancipatrices et rassembleuses », combattant toute dérive sectaire ou populiste au sein et au-delà de sa famille politique.
Des mandats ancrés dans le terrain
Élu municipal dans plusieurs communes rurales, Roland Foissac siégera ensuite au conseil municipal d’Albi entre 2014 et 2020. À l’échelle départementale, il devient en 1998 conseiller général du canton d’Albi Nord-Ouest. Réélu pour deux mandats supplémentaires, il prend part, comme vice-président, à la conduite du conseil départemental du Tarn. Au fil de ces responsabilités, il acquiert la réputation d’un élu appliqué et loyal, attentif à la cohésion territoriale autant qu’au service public.
Hommages et héritage politique
De nombreux témoignages saluent un engagement au long cours et l’attention portée au rassemblement des forces de gauche. Le sénateur PCF Fabien Gay, directeur de l’Humanité, souligne l’empreinte laissée par ce responsable tarnais :
« Il était depuis plus de cinquante ans une figure du Parti communiste et au-delà, de la gauche de ce département du Tarn qu’il chérissait tant. Jusqu’au bout, il aura œuvré pour l’unité de notre camp social et alerté contre le danger de l’extrême droite. »
Son ancien directeur, Patrick Le Hyaric, insiste sur la dimension humaine du militant, associé à une culture politique nourrie par la référence à Jaurès :
« Roland, c’était l’amitié en partage. La poésie, les livres à l’ombre des pensées et réflexions ; l’Humanité, son journal porté haut, Jaurès de part en part en commun, le communisme en étendard. »
Connaisseur de la pensée et de l’action de Jean Jaurès, Roland Foissac a incarné une manière de faire de la politique faite de constance, de pédagogie et d’exigence démocratique. Sa trajectoire, du Carmaux ouvrier à l’hémicycle départemental, résume un engagement construit dans la durée, au plus près des habitants.
Repères chronologiques
| Période | Événement |
|---|---|
| 1945 | Naissance à Carmaux (11 janvier) |
| 1961 | Admission à l’École normale d’instituteurs de Toulouse |
| 1965 | Premier poste d’instituteur et adhésion au PCF |
| 1971–2018 | Membre du comité fédéral du PCF Tarn |
| 1986–2000 | Premier secrétaire fédéral (permanent jusqu’en 2000) |
| 1998 | Élu conseiller général d’Albi Nord-Ouest |
| 2014–2020 | Conseiller municipal d’Albi |
| 2026 | Décès à Albi (1er juillet) |
Ce que retient le Tarn
Au-delà des mandats, beaucoup retiendront un militant constant, attaché aux services publics et à la transmission. Son passage par l’école normale, son implication syndicale, puis ses responsabilités politiques ont dessiné une même ligne directrice : défendre l’émancipation et préserver le lien social. Dans un département où l’histoire ouvrière et jaurésienne pèse encore, la disparition de Roland Foissac marque la perte d’un repère, forgé au fil de décennies d’action collective.
- Parcours débuté dans l’enseignement et nourri par l’engagement syndical.
- Responsabilités politiques durables au sein du PCF et du conseil départemental.
- Hommages unanimes pour un artisan du rassemblement de la gauche tarnaise.