Un changement de cap pour les ordures résiduelles
La Communauté de communes des Deux Vallées (CC2V) a validé le principe d’une adhésion au Syndicat mixte du département de l’Oise (SMDO) et s’apprête à mettre fin à l’envoi de ses déchets ménagers résiduels vers le site d’enfouissement de Moulin-sous-Touvent. À l’issue du conseil communautaire du 22 juin, la trajectoire est tracée : dès janvier, les tonnages non recyclables du Thourottois devraient être redirigés vers l’unité de valorisation énergétique (UVE) de Villers-Saint-Paul. Une inflexion à la fois économique, environnementale et politique, selon les élus.
Pourquoi ce basculement ? Nuisances locales et alignement départemental
Le site de Moulin-sous-Touvent, exploité par l’entreprise Gurdebeke, cristallise depuis des mois des oppositions dans les Lisières de l’Oise et jusqu’aux portes du territoire de la CC2V. Des manifestations ont mis en lumière des nuisances olfactives et des épisodes d’écoulement de lixiviats, problèmes au cœur des critiques locales. À l’échelle départementale, l’adhésion au SMDO ancre la CC2V dans un schéma commun : à terme, le syndicat doit orienter les déchets de presque toutes les intercommunalités de l’Oise – à l’exception de la Picardie verte – vers son UVE de Villers-Saint-Paul.
« C’est une décision prise avant tout dans l’intérêt général », souligne Jean-Guy Létoffé, nouveau président de la CC2V, en fixant pour cap de « réduire au minimum l’enfouissement à Moulin-sous-Touvent ».
Les élus des Deux Vallées assument aussi un rattrapage vis-à-vis du reste du département, non sans autodérision :
« On était un peu le dernier village gaulois ».
Conséquences pour les habitants : collecte inchangée, exutoire différent
Pour les foyers, la collecte et les consignes de tri ne changent pas à court terme. La bascule concerne l’exutoire final des déchets résiduels (ceux qui ne sont pas valorisés en amont). L’objectif affiché est double : limiter l’enfouissement et orienter ces flux vers une valorisation énergétique à Villers-Saint-Paul. Les riverains de Moulin-sous-Touvent peuvent espérer, si les tonnages diminuent, une atténuation progressive des odeurs et des risques associés au stockage. La CC2V met en avant la perspective d’un gain financier et la possibilité d’ouvrir la voie à de nouveaux projets environnementaux, en cohérence avec le choix du SMDO.
Une séquence politique assumée
La décision intervient après un changement à la tête de l’intercommunalité. Élu au printemps, Jean-Guy Létoffé a succédé à Patrice Carvalho. La conférence des maires organisée en mai a préparé le terrain, avant que le vote communautaire ne formalise la ligne. Le dossier est suivi par Claude Servais, vice-président en charge des déchets, ex-maire de Tracy-le-Val, commune où l’ultime phase du mandat a été marquée par la contestation de la décharge. La gouvernance revendique un choix « dans l’intérêt général », articulé entre maîtrise des coûts et réduction des impacts environnementaux.
Calendrier et périmètre : ce qui est « quasiment acté »
Au plan opérationnel, la CC2V annonce une montée en charge « dès janvier » sous l’égide du SMDO. Le syndicat doit acheminer les déchets résiduels vers l’UVE de Villers-Saint-Paul, pôle déjà central pour le département. La Picardie verte fait figure d’exception dans cette organisation. Le site de Moulin-sous-Touvent restera, lui, soulagé des apports en provenance du Thourottois.
| Étape | Contenu |
|---|---|
| Mai | Annonce d’une étude d’adhésion au SMDO et présentation en conférence des maires |
| 22 juin | Vote communautaire : adhésion validée, fin programmée de l’enfouissement pour la CC2V |
| Dès janvier | Redirection des déchets résiduels vers l’UVE de Villers-Saint-Paul |
Ce que cela change concrètement
- Collecte et tri : pas de bouleversement immédiat pour les usagers, les circuits demeurent identiques.
- Exutoire : les déchets non recyclables ne seront plus enfouis à Moulin-sous-Touvent, mais valorisés énergétiquement à Villers-Saint-Paul.
- Enjeux locaux : atténuation attendue des nuisances pour les riverains de la décharge ; trajectoire alignée avec la politique départementale.
Cette réorientation met un terme à une singularité locale et ouvre un cycle où la réduction à la source, le tri et la valorisation prennent davantage de place. Les élus promettent d’en préciser les modalités financières et les suites opérationnelles au fil des prochains conseils, avec un suivi des effets sur le terrain, notamment aux abords de Moulin-sous-Touvent.