Un chantier attendu mais mis en pause par des contraintes écologiques
Le vaste dossier visant à améliorer la route D 972, reliant Saint-Lô à Coutances, piétine à cause d'une série d'études environnementales. Relancé en 2023 par le Département, le projet devait notamment conduire à la démolition de maisons abandonnées dangereuses pour la sécurité routière et l'aménagement. Mais la Dreal impose aujourd'hui des expertises fines, maison par maison, pour vérifier la présence d'espèces protégées ou de traces témoignant de leur passage.
En commission, vendredi 3 juillet, le président du conseil départemental a exprimé son exaspération face à ces nouvelles obligations, qui repoussent une intervention jugée urgente par les élus locaux. Le calendrier initial est, pour l'heure, compromis : les pelleteuses ne peuvent pas entrer sur les parcelles tant que les analyses n'ont pas rendu leurs conclusions.
« Nous, on ne demande qu'à commencer les travaux. »
Cette phrase, entendue lors de la session, résume la tension entre l'impératif d'amélioration des infrastructures et la nécessité de respecter la réglementation environnementale. Pour les services du Département, il s'agit d'équilibrer deux obligations : sécuriser l'axe routier et protéger la biodiversité locale.
Ce que vont chercher les études
- Présence d'espèces protégées dans les bâtiments (faune, flore, traces d'habitat).
- Vestiges ou indices de déplacements d'animaux sensibles pour lesquels une protection est requise.
- Évaluation des mesures compensatoires éventuelles si une destruction est autorisée.
Ces investigations sont minutieuses et prennent du temps : relevés sur site, analyses, avis de la Dreal et prescriptions éventuelles. Tant que l'ensemble de ces étapes n'est pas bouclé, la préfecture et le Département restent cantonnés à des réponses temporaires plutôt qu'à une action définitive.
Conséquences locales et perspectives
Pour les riverains, l'attente est double : d'un côté, certains souhaitent la suppression de bâtis délabrés, facteur d'insécurité et de dévalorisation foncière ; de l'autre, des associations naturalistes ou des expertises peuvent faire émerger des contraintes supplémentaires. Le report des travaux impacte aussi la programmation budgétaire départementale et la cadence des interventions routières dans le secteur.
Le Département affirme son souhait d'avancer mais dépend des délais administratifs et des conclusions scientifiques. Aucune date de reprise des démolitions n'a été annoncée publiquement tant que les études environnementales ne seront pas toutes rendues.
| Élément | Statut |
|---|---|
| Relance du projet | 2023 |
| Motif du retard | Études demandées par la Dreal |
| Action envisagée | Démolition de maisons abandonnées le long de la D 972 |
En attendant, les élus et les services techniques devront composer avec ces procédures protectrices de l'environnement, qui prolongent l'impasse administrative mais visent, selon leurs promoteurs, à concilier aménagement et préservation des espèces.