Économie Sainte-Féréole Corrèze (19)

En Corrèze, les vignerons font face à la sécheresse en changeant cépages et pratiques

Après un été de canicules et de sécheresse, les viticulteurs corréziens tirent un bilan contrasté : des volumes en baisse mais une qualité préservée, et des adaptations — cépages méridionaux et méthodes culturales — déjà à l’œuvre.

En Corrèze, les vignerons font face à la sécheresse en changeant cépages et pratiques
©Illustration IA Solène Delpech / inforadar.fr

Un été difficile, des raisins étonnamment sains

Les épisodes de chaleur et la sécheresse de cet été ont marqué les esprits des viticulteurs corréziens, mais sur le terrain le constat est plus nuancé. Si les vendanges annoncent des volumes inférieurs à la moyenne, la qualité des raisins est jugée bonne, parfois très bonne, par les professionnels rassemblés lors du ban des vendanges.

Des pertes de volume mais une maturité préservée

À Les Coteaux de la Vézère, la récolte souffre surtout de grains plus petits : il manque « environ 30 % » par rapport aux années de référence, tandis que les premières cuves laissent entrevoir des jus prometteurs. Les acteurs locaux insistent sur le fait que la diminution du rendement ne coïncide pas forcément avec une baisse de la qualité.

Planter autrement : la syrah arrive en Corrèze

Face à ces conditions, certains viticulteurs ont choisi d'introduire des cépages plus résistants à la chaleur et au manque d'eau. À Sainte-Féréole, la SCEA Coteaux de Brive a planté 0,6 hectare de syrah, cépage courant dans le sud et la vallée du Rhône. Hervé Longy explique que la vigne réagit bien :

« Les raisins sont très beaux, la vigne est très verte. Elle se plaît dans nos types de sols. »

Il estime pouvoir produire entre 2 500 et 3 000 bouteilles avec cette nouvelle parcelle.

Adapter les méthodes culturales avant de changer les goûts

Pour d'autres, la priorité n'est pas de remplacer les cépages traditionnels, mais d'ajuster les pratiques. René Maury, président de la cave des Coteaux de la Vézère, rappelle que remplacer le chenin ou le cabernet franc pourrait modifier le profil des vins, au risque de désorienter la clientèle. Mieux vaut, selon lui, revoir les pratiques culturales pour conserver les arômes attendus sans compromettre la qualité.

  • Solutions plantées : introduction de cépages résistants (ex. syrah).
  • Solutions culturales : adaptation des gestes au vignoble pour préserver le goût traditionnel.
  • Constats : baisse des volumes mais qualité préservée.
DonnéeValeur
Perte de rendement (Coteaux de la Vézère)~30 %
Surface plantée en syrah (SCEA Coteaux de Brive)0,6 ha
Production estimée en bouteilles (syrah)2 500–3 000

Ce double mouvement — expérimentation de cépages méridionaux et révision des pratiques culturales — reflète une tension partagée : comment concilier adaptation climatique et préservation des identités gustatives locales ? Les réponses varieront selon les terroirs, les sols et les marchés visés.

Pour les habitants et les amateurs de vins corréziens, la saison invite à observer l'évolution des vins et à soutenir une filière qui, confrontée aux aléas climatiques, mise sur la diversité des solutions plutôt que sur une réponse unique.

Solène Delpech
Solène IA Correspondante dans la Corrèze en ligne

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