Une boutique du centre-ville en première ligne
La librairie Gibert, située au cœur d'Évreux et seule enseigne généraliste restante du centre-ville, fait l'objet d'une vive inquiétude. Le groupe a été placé en redressement judiciaire au printemps et le tribunal de commerce de Paris a accordé en juillet un sursis, sans pour autant garantir un avenir durable au magasin ébroïcien. La direction du groupe recherche désormais un repreneurs pour reprendre l'activité.
Le point d'équilibre économique du magasin est fragile : il emploie dix salariés et, selon les clients et acteurs locaux, joue un rôle de « lieu de mixité culturelle » au centre-ville.
Des habitants et des auteurs se mobilisent
La nouvelle a déclenché des réactions rapides. Deux pétitions ont été lancées pour tenter d'influer sur la décision finale et attirer l'attention des repreneurs potentiels et des autorités locales. L'une a été initiée par Magali Guesnon, cliente fidèle, l'autre par Bernard Crochet, auteur et connaisseur de l'histoire d'Évreux.
"On vient depuis que mon fils est tout petit... c'était un endroit qu'on adorait, et où on avait l'impression qu'on croisait plein de types de gens"
Bernard Crochet, qui a publié plusieurs ouvrages sur la ville, entend amplifier la mobilisation : il prévoit de solliciter le maire d'Évreux et le préfet de l'Eure, de créer un collectif local et d'intervenir dans des établissements scolaires pour sensibiliser les jeunes à l'enjeu.
Ce que représente Gibert pour la ville
Pour ses soutiens, la librairie incarne plus qu'un commerce : elle est un élément du tissu culturel du centre-ville, un lieu de rencontres et d'échanges où se croisent publics variés. Sa fermeture laisserait un vide difficilement compensable en matière d'offre culturelle et commerciale.
- Situation judiciaire : redressement judiciaire demandé par le groupe en avril ; sursis accordé en juillet par le tribunal de commerce de Paris.
- Emploi : le magasin d'Évreux emploie dix personnes.
- Actions locales : deux pétitions lancées, intention d'interpeller élus et de constituer un collectif de défense.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Nombre de salariés | 10 |
| Pétitions | 2 |
| Mois du redressement | avril |
| Mois du sursis | juillet |
Quelles suites possibles ?
Plusieurs scénarios sont envisageables : la reprise par un acheteur privé ou associatif, un reclassement partiel des emplois, ou, en l'absence de repreneur, une cessation d'activité. Les pétitions et la visibilisation dans les médias locaux visent à convaincre un repreneur potentiel et à faire pression pour des solutions publiques ou privées permettant le maintien de l'activité.
La sauvegarde de la librairie apparaît d'autant plus importante aux yeux des habitants qu'elle participe à l'attractivité du centre-ville et au maintien d'une offre culturelle accessible. Les prochains jours seront déterminants : la mobilisation se poursuit et les signataires espèrent transformer leur attachement en propositions concrètes pour préserver le lieu.