Un parcours du cirque parisien aux jardins de Saint‑Franchy
Dans un jardin de Saint‑Franchy, une caravane plantée comme un décor raconte une existence parcourue d’itinérances et de représentations. Là vit Nicole Durot, nom de scène La Caryatis, trapéziste aujourd’hui âgée de 75 ans. Née en 1955 en Seine‑Maritime, elle a grandi entre l’Aisne et Boulogne‑Billancourt, nourrissant très tôt une attirance pour l’acrobatie et la hauteur.
Son enfance est faite d’escalades et de construction de trapèzes dans le grenier familial. Les parents, commerçants de chaussures — clin d’œil repris plus tard dans son nom de scène et une marque — l’inscrivent à la gymnastique. Le déclic survient en regardant la télévision : elle sait qu’elle « veut être trapéziste ». Le destin la mène devant le Cirque d’Hiver où, après une visite et un concours, elle est engagée pour les fêtes de Noël, enchaînant jusqu’à cinq représentations par jour pendant deux mois.
« Je veux être trapéziste. »
Une vie de spectacle, au fil des rencontres
Le récit montre comment rencontres et opportunités ont façonné sa carrière : de l’école d’Annie Fratellini à la scène du Cirque d’Hiver, des prix obtenus au concours des Bourses Louis Merlin à l’embarquement dans des tournées. Le tempo du music‑hall, la répétition et la tension des numéros ont structuré une vie professionnelle exigeante et itinérante.
- Origines : née en 1955, Seine‑Maritime ; enfance entre Aisne et Boulogne‑Billancourt.
- Formation : initiation au trapèze via l’École nationale du cirque (Annie Fratellini).
- Premiers pas : engagement au Cirque d’Hiver, réception d’un prix aux Bourses Louis Merlin.
Ancrage local et traces d’une carrière
À Saint‑Franchy, le quotidien révèle des traces du passé : une paire d’ailes découpée sur un portail, une caravane qui témoigne d’années de route. Le nom de scène devenu une marque de chaussures rappelle aussi l’enracinement familial dans le commerce. Le portrait esquisse le passage d’une vie de cirque au calme relatif du village nivernais, sans renier la pratique et l’envie de hauteur.
| Élément | Données |
|---|---|
| Nom de scène | La Caryatis |
| Année de naissance | 1955 |
| Âge | 75 ans |
| Lieu d'ancrage | Saint‑Franchy (Nièvre) |
Pour les observateurs du monde rural et culturel, ce parcours illustre la porosité entre cultures foraines et vie de village : des artistes peuvent choisir la campagne comme lieu de retraite ou de recomposition, emportant avec eux des savoir‑faire rares et des récits qui enrichissent le territoire. À travers le témoignage de Nicole Durot, on mesure aussi la longévité possible d’une passion physique, l’importance des écoles et concours qui ont ouvert des portes, et la manière dont une vie de représentation se replie ensuite sur un quotidien plus intime.
Ce portrait n’annonce pas de représentations à venir ni de projets précis ; il laisse néanmoins sentir la présence d’un art de vivre lié à la hauteur et au mouvement, toujours vivant dans le jardin d’un village nivernais.