Une page industrielle se referme au port du Rhin
Née en 1967 dans le sillage de General Motors, l'usine installée au port du Rhin — aujourd'hui exploitée sous l'enseigne Dumarey Powerglide — va cesser son activité. L'établissement, longtemps reconnu pour la fabrication de boîtes de vitesses automatiques destinées à l'équipementier allemand ZF, voit désormais son destin scellé après la décision de son client d'internaliser cette production.
Conséquence directe : après un premier plan social en 2024 qui avait déjà supprimé 248 postes, la fermeture annoncée entraîne la disparition de 320 emplois supplémentaires dans un bassin d'emploi où ce site figurait parmi les principaux employeurs privés.
Un port stratégique mais fragilisé
Le port autonome de Strasbourg, longtemps second port fluvial de France, affiche lui aussi des signes d'essoufflement. En 2025, son trafic est en retrait de 7 %, pour un total de 5,8 millions de tonnes manutentionnées, selon les bilans communiqués. Ce recul est principalement imputable à la baisse des flux liés aux matériaux de construction.
- Usine : ex-General Motors → Dumarey Powerglide, production de boîtes de vitesses
- Emplois supprimés : 248 postes en 2024, puis 320 postes supplémentaires
- Trafic portuaire 2025 : 5,8 millions de tonnes (-7 %)
| Année | Événement | Chiffres |
|---|---|---|
| 1967 | Création du site (General Motors) | — |
| 2024 | Plan social précédant la fermeture | 248 suppressions |
| 2025 | Trafic portuaire | 5,8 Mt (-7 %) |
| 2026 | Arrêt total annoncé | 320 suppressions |
Des conséquences locales et un territoire en mutation
La fermeture alourdit la facture sociale pour un territoire où l'industrie automobile a longtemps structuré l'emploi et les filières locales. La décision de ZF d'internaliser la production illustre la recomposition du secteur au plan européen, confronté à la concurrence internationale et aux changements de chaînes de valeur.
Parallèlement, la dynamique des modes de transport évolue : si le fluvial marque le pas, le rail progresse, favorisé par des reports modaux vers les grands ports d'Anvers et de Rotterdam. Ce basculement montre que le positionnement géographique du Bas-Rhin reste un atout, mais qu'il ne suffit plus à garantir la stabilité des emplois industriels.
Questions ouvertes et enjeux à court terme
À court terme, les priorités seront l'accompagnement des salariés concernés, la recherche de reconversions locales et la mobilisation des collectivités pour limiter l'impact social. À plus long terme, la fermeture relance le débat sur la diversification productive du territoire et sur les politiques publiques à mener pour préserver des compétences industrielles sur le port et dans le bassin rhénan.
Si Strasbourg demeure un pôle européen pour les institutions, la disparition progressive de certains pans industriels rappelle que la visibilité diplomatique n'est pas synonyme de protection automatique des emplois ouvriers.