Un redressement judiciaire au cœur d’un enjeu industriel local
Le tribunal de commerce de Toulouse examine cette semaine une proposition de reprise visant à sauver le groupe Fibre Excellence, placé en redressement judiciaire fin avril. L’offre déposée par le financier Matthieu Pigasse concerne notamment l’usine de Saint‑Gaudens (Haute‑Garonne) et le site de Tarascon (Bouches‑du‑Rhône), qui emploient ensemble 670 salariés.
À Saint‑Gaudens, l’inquiétude sociale est palpable : depuis plusieurs jours, les salariés ont maintenu une occupation du site, cherchant à éviter une liquidation qui priverait le territoire d’une activité économique majeure.
Un projet assorti d’investissements et de conditions publiques
Selon l’investisseur, le plan inclut plus de 90 millions d’euros d’investissements destinés à redresser la compétitivité de l’entreprise. Mais ce montage financier est conditionné à des engagements de l’État sur plusieurs volets :
- un soutien sur le coût de l’électricité ;
- un approvisionnement en bois facilité via l’Office national des forêts (ONF) ;
- la réintégration de la société dans le système européen des quotas carbone.
Ces mesures sont présentées par les porteurs du projet comme indispensables pour rétablir la compétitivité du groupe et éviter la disparition des deux usines françaises de pâte à papier.
« Pas au niveau »
Le gouvernement se montre prudent. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a jugé publiquement que l’offre n’était « pas au niveau », estimant que l’effort des investisseurs privés devait être renforcé au côté de l’État.
Des syndicats qui soutiennent l’offre et des salariés mobilisés
Du côté des organisations syndicales, la lecture est différente : la CGT affirme que les financements privés nécessaires sont réunis et presse l’exécutif d’agir pour préserver la filière et les emplois. Sur les sites, la mobilisation vise à faire pression pour une issue favorable à la sauvegarde des postes.
Contexte et enjeux locaux
La disparition potentielle de l’usine de Saint‑Gaudens aurait des répercussions économiques importantes pour le territoire, où l’activité papetière représente un bassin d’emploi et des retombées indirectes. Le retrait récent de l’actionnaire indonésien, après avoir injecté près de 300 millions d’euros, a précipité la situation financière difficile du groupe.
| Site | Département | Effectifs concernés |
|---|---|---|
| Saint‑Gaudens | Haute‑Garonne | — partie des 670 salariés |
| Tarascon | Bouches‑du‑Rhône | — partie des 670 salariés |
La décision du tribunal est donc attendue avec une grande attention par les salariés, les élus locaux et les acteurs économiques du territoire. Quel que soit le verdict, les conséquences se feront sentir au-delà des seuls employés concernés, sur l’ensemble de la filière bois‑papier et sur l’économie locale.
Info pratiques : les représentants syndicaux et les élus locaux suivent l’audience au tribunal de commerce de Toulouse ; toute évolution sera communiquée aux salariés et aux collectivités concernées.