Un nouvel épisode qui gagne l’altitude
La fièvre catarrhale, aussi appelée maladie de la langue bleue, réapparaît dans les Hautes-Pyrénées et au-delà, jusqu’à la vallée d’Ossau. Les services de l’État et la Chambre d’agriculture confirment 8 foyers dans le département: 7 ovins et 1 bovin. Particularité de cette reprise: le virus touche des troupeaux en estive, rendant la protection vaccinale plus lourde à mettre en œuvre sur les crêtes et plateaux d’altitude.
| Espèce | Foyers confirmés |
|---|---|
| Ovins | 7 |
| Bovins | 1 |
Symptômes connus, urgence avant l’agnelage
Les éleveurs doivent rester attentifs à des signes tels que fièvre, gêne respiratoire et gonflements. Le taux de mortalité est généralement faible, mais les avortements sont plus fréquents. D’où l’enjeu de vacciner rapidement, avant l’agnelage prévu début septembre.
Le nœud du sérotype 3 et la facture pour les exploitations
Les troupeaux avaient pour beaucoup reçu des injections contre les sérotypes 1 et 8, pris en charge par l’État. Cette fois, c’est le sérotype 3 qui circule: son vaccin n’est pas remboursé, et reste à la charge des exploitations. À Arcizans-Dessus, près d’Argelès-Gazost, l’éleveur Bernard Gerbet a fait vacciner l’ensemble de ses brebis en montagne. Coût annoncé: 4 euros par bête, soit 630 euros pour son troupeau.
« Moi j’ai vacciné à 2 500 mètres d’altitude, deux heures de marche avec une glacière »
Sur le terrain, la logistique est exigeante: rassembler le troupeau, gérer la chaîne du froid, intervenir à flanc de montagne. Cette réalité opérationnelle explique, pour partie, la tension chez les éleveurs, alors que la période d’estive est courte et les fenêtres d’intervention limitées par la météo et la topographie.
En Bigorre et en Ossau, adapter la riposte
La présence de cas en Bigorre, couplée aux signalements en vallée d’Ossau relayés par la FDSEA, confirme une circulation régionale. À ce stade, les messages des autorités agricoles privilégient la vaccination et la vigilance sanitaire des troupeaux, en coordination avec les vétérinaires de terrain, pour réduire les pertes d’agnelages et contenir la diffusion aux cheptels voisins.
Ce qu’il faut retenir et surveiller
- 8 foyers confirmés dans le 65 (ovins et bovin), dont certains en estive.
- Le sérotype 3 est en cause; son vaccin n’est pas pris en charge par l’État.
- Objectif: vacciner avant septembre pour limiter les avortements et protéger les agnelages.
- En cas de symptômes (fièvre, troubles respiratoires, œdèmes), contacter sans délai son vétérinaire.
La filière ovine et bovine de montagne, déjà contrainte par la logistique d’altitude, doit en conséquence composer avec un coût vaccinal additionnel et des interventions en terrain difficile. L’enjeu des prochaines semaines sera de boucler les campagnes en estive pour passer le cap de la fin d’été avec le moins d’impacts possible sur la reproduction et la santé des troupeaux.