Un dossier ancien ravivé par la sécheresse
Le partage des ressources hydriques entre Gap et la vallée du Champsaur est redevenu une source de tension au cœur de l'été. Mi-juillet, le préfet des Hautes-Alpes, Philippe Bailbé, a annoncé vouloir « reprendre la main » sur ce dossier alors que les restrictions d'eau se multiplient en raison de la sécheresse.
La controverse porte en particulier sur la prise d'eau des Ricous, qui prélève une partie du débit du Drac pour alimenter le bassin gapençais via le canal de Gap, une installation exploitée depuis le XIXe siècle.
Des élus d'opposition qui montent au créneau
Dans une publication du 31 juillet, l'opposition de gauche a dénoncé la situation. Charlotte Kuentz estime que la prise d'eau des Ricous est une « installation vulnérable » qui « ne dispose plus d'existence légale depuis 2020 pour l'eau potable », et dont l'alimentation repose uniquement sur le Drac, dont les débits minimaux se réduisent avec le réchauffement climatique.
« Si une solution n'est pas rapidement trouvée, ce problème fera autant rire que celui de la Rocade. Mais rire jaune, car il y a urgence »,
surenchérit Elie Cordier, élu d'opposition, pointant le « refus obstiné » de la mairie de participer aux discussions avec la vallée du Champsaur pour identifier une alternative viable.
Enjeux locaux : potable d'abord, puis l'irrigation
Les opposants affirment que la position municipale mettrait les agriculteurs du bassin gapençais en première ligne : en période de restriction, l'usage d'eau potable prime légalement sur l'irrigation, ce qui entraînerait des coupures pour l'agriculture.
- Acteur principal : prise d'eau des Ricous (canal de Gap).
- Autorité : Préfecture des Hautes-Alpes (Philippe Bailbé) souhaite intervenir.
- Opposition : élus de gauche (Charlotte Kuentz, Elie Cordier) demandent une négociation avec le Champsaur.
| Acteur | Position |
|---|---|
| Préfecture | Intervenir sur le partage de l'eau |
| Mairie de Gap | Refus de participer (selon opposition) |
| Opposition municipale | Exiger négociation et alternative |
Au-delà des postures politiques, c'est la vulnérabilité même du système d'alimentation qui est questionnée : l'ancienneté du canal, la dépendance au Drac et l'allongement des périodes de débits faibles rendent la situation fragile.
Pour les habitants de Gap, les conséquences sont concrètes : priorités d'usage, risques de nouvelles restrictions et tensions avec les communes du Champsaur qui se disent lésées par les prélèvements. Le signal envoyé par la préfecture pourrait débloquer des discussions techniques et politiques, à condition que toutes les parties acceptent d'y prendre part.
Reste la question pratique : quelles alternatives retenir et à quel coût ? Le débat s'ouvre désormais sur la table publique, et l'été sec a rappelé que l'eau, en montagne, ne se prête plus à des solutions improvisées.