Le dérèglement climatique fragilise la pêche de loisir en Saintonge
Cette année, la montée des températures et la baisse des débits ont frappé les plans d’eau de Charente-Maritime. Les bénévoles de l’AAPPMA saintongeaise observent des conséquences visibles : mortalité massive après rempoissonnements, portions de rivières asséchées, prolifération de plantes envahissantes. Le constat fait l’unanimité : la pratique de la pêche de loisir doit s’adapter.
Au printemps, une opération de repeuplement a tourné au drame : 200 kilogrammes de carpes relâchées dans l’étang de Préguillac n’ont pas survécu à la chaleur. Le mécanisme est connu et implacable : quand la température augmente, l’oxygène dissous diminue et les poissons s’asphyxient.
« Nous ne pouvons plus rempoissonner en mars et en avril. Il faut désormais attendre septembre, voire octobre. »
Cette phrase, issue du président de l’association, résume la modification du calendrier des opérations. Les pêcheurs retardent leurs actions pour éviter d’exposer des espèces fragiles à des conditions létales.
Le dérèglement se mesure aussi sur les cours d’eau. Sur 117 points de mesure suivis dans le département, 46 % étaient en assec au 30 juillet. La combinaison chaleur-irrigation et prélèvements humains pèse lourd sur le débit des rivières. Résultat : beaucoup d’adeptes préfèrent suspendre leur activité.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Points de mesure suivis | 117 |
| Points en assec (30 juillet) | 46 % |
À cela s’ajoute la pression des plantes invasives. La renouée du Japon pousse sur les berges et gêne l’accès, tandis que la jussie colonise les plans d’eau et empêche la photosynthèse d’autres organismes, réduisant encore l’oxygène disponible. Le plan d’eau de La Palu, à Saintes, illustre bien ce phénomène : la jussie y est déjà implantée et complique la survie de la faune aquatique.
- Conséquence immédiate : diminution des sorties de pêche et reports d’opérations de repeuplement.
- Mesure recommandée : réduire le temps hors de l’eau des prises pour limiter le stress des poissons.
- Vigilance : les bénévoles se tiennent prêts à intervenir pour des sauvetages, même si aucune opération majeure n’a encore eu lieu.
Sur le terrain, le message est clair : préserver les milieux aquatiques devient une priorité partagée entre associations, usagers et collectivités. Les pêcheurs, témoins quotidiens de l’état des rivières, appellent à des pratiques plus prudentes et à une coordination renforcée pour protéger la faune aquatique face à des étés qui s’annoncent plus chauds et plus secs.
Infos pratiques : pour toute observation de mortalité massive ou d’invasion végétale, contacter l’AAPPMA locale ou la mairie de la commune concernée afin de déclencher, si nécessaire, des actions de sauvegarde.