Une décision pour protéger l’entreprise en attendant un règlement d’assurance
Installée à Faverolles-sur-Cher, la société d’horticulture Simier et ses filiales ont été placées en procédure de sauvegarde par le tribunal de commerce de Blois le 26 juin 2026. Le dirigeant a lui-même saisi la justice commerciale pour bénéficier du cadre protecteur prévu par cette procédure, qui vise les entreprises non encore en cessation de paiements et suspend le paiement de certaines dettes.
À l’origine de cette démarche : un long différend avec l’assureur au sujet d’un sinistre majeur. Un incendie, survenu en 2022, avait sévèrement endommagé des serres. Le chef d’entreprise attend toujours un indemnité de 350 000 € pour couvrir ces pertes, somme qui, selon lui, conditionne la reprise normale de l’activité.
« J’ai fait cette démarche en raison des longueurs administratives concernant mon procès avec mon assureur suite à l’incendie de 2022 qui avait provoqué d’importants dégâts dans les serres. J’attends toujours un dédommagement de 350.000 €. »
Une année 2026 marquée par les aléas
Le dirigeant évoque une série de coups durs pour expliquer la fragilité passagère de la société. Outre l’incendie ancien, Simier a souffert des inondations en février 2026 qui ont retardé de quinze jours le démarrage de la saison printanière, puis d’une canicule qui a précipité l’arrêt de l’activité environ trois semaines plus tôt que d’habitude.
La combinaison de ces événements climatiques a réduit la productivité et augmenté les coûts de production. Par ailleurs, la commande publique — qui représente 80 % du chiffre d’affaires de l’entreprise — a été inférieure aux attentes cette année, un effet que l’entreprise attribue en partie au contexte des élections municipales.
Ce que permet la procédure et quelles conséquences locales
La procédure de sauvegarde doit permettre à Simier de stabiliser sa situation financière sans perdre la maîtrise de la gestion quotidienne. Le dirigeant insiste sur ce point : il reste à la tête de l’entreprise et conserve la signature sur les dossiers. L’objectif affiché est de disposer du temps nécessaire pour voir aboutir le règlement par l’assureur et ainsi poursuivre l’activité.
- Protection judiciaire : suspension de certaines dettes et gel des poursuites.
- Maintien de la direction : le chef d’entreprise garde la main sur les opérations.
- Enjeu local : préservation des relations avec les collectivités, principales clientes.
Points d’attention pour le territoire
Dans un territoire où l’horticulture alimente jardins publics, aménagements paysagers et marchés locaux, la situation de Simier soulève des questions sur la résilience des fournisseurs régionaux face aux aléas climatiques et aux délais d’indemnisation des sinistres. Si la procédure aboutit à une reprise normale, l’impact sera limité ; en revanche, une issue défavorable ferait peser un risque sur l’emploi et sur l’approvisionnement des collectivités du Cher.
| Événement | Date | Conséquence |
|---|---|---|
| Incendie | 2022 | Dégâts importants dans les serres, demande d’indemnisation de 350 000 € |
| Inondations | Février 2026 | Démarrage de saison retardé de 15 jours |
| Canicule | Été 2026 | Arrêt anticipé de l’activité d’environ 3 semaines |
Pour l’instant, les salariés et les partenaires locaux observent la situation. La procédure de sauvegarde offre un répit légal mais pas encore la solution financière attendue. Le dénouement dépendra en grande partie de la rapidité de la décision sur l’indemnisation et des mesures commerciales que l’entreprise pourra négocier avec ses clients et ses créanciers.
Sur le terrain berrichon, la crainte est surtout de voir s’affaiblir un acteur historique de l’horticulture locale. La procédure engagée laisse une fenêtre pour espérer que Simier traverse cette période compliquée et conserve sa place dans le paysage végétal du Cher.