Politique Indre (36)

La députée Alix Fruchon justifie son vote en faveur de la loi d'urgence agricole

Alix Fruchon, députée de la 2e circonscription de l'Indre, explique pourquoi elle a soutenu la loi d'urgence agricole, soulignant le rôle des scientifiques et des dispositifs pour les agriculteurs, tout en exprimant ses regrets.

La députée Alix Fruchon justifie son vote en faveur de la loi d'urgence agricole
©Illustration IA Margaux Delaunay / inforadar.fr

Un vote pour « sécuriser l'avenir », mais des regrets

La députée de la 2e circonscription de l'Indre, Alix Fruchon (Droite républicaine), a expliqué sa position après l'adoption définitive, mardi 21 juillet 2026, de la loi d'urgence agricole. Elle a voté pour un texte qui suscite de vifs débats au plan national, en raison notamment d'une disposition ouvrant la possibilité de recourir, sous conditions dérogatoires, à deux substances interdites en France mais autorisées au niveau européen.

« Concrètement, j’ai voulu sécuriser l’avenir pour que ce soit aux scientifiques de décider de l’utilisation de pesticides, afin qu’il n’y ait plus de régression environnementale. »

Alix Fruchon soutient que la modification adoptée en commission mixte paritaire transfère la décision sur la réintroduction éventuelle d'une substance active à l'expertise scientifique de l'ANSES, et non aux seuls responsables politiques. Les deux produits visés par la mesure sont l’acétamipride et le flupyradifurone, qui pourraient être réintroduits à titre dérogatoire pour certaines filières en difficulté.

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La députée met en avant d'autres mesures tempérées dans le texte. Elle se félicite notamment de l'adoption d'un dispositif dit de tunnels de prix, destiné à renforcer le pouvoir de négociation des agricultrices et agriculteurs face aux acheteurs, une mesure adoptée selon elle « contre l’avis de l’agrobusiness ».

Pour autant, elle n'occulte pas ses réserves. Elle confesse « beaucoup de regrets » sur ce que la loi n'a pas porté : l'absence de mesures plus ambitieuses pour encourager des modèles agricoles durables, pour améliorer la rémunération des exploitants, pour sécuriser les bâtiments d'élevage face aux canicules, et l'impossibilité d'introduire définitivement la « loi Cadmium » dans ce texte, bien qu'elle ait pris part à son étude.

Enjeux locaux et réactions attendues

Dans l'Indre, où l'agriculture occupe une place importante, la question de l'usage des produits phytosanitaires et celle de la viabilité économique des exploitations sont au cœur des discussions. Le renvoi aux experts de l'ANSES vise à apaiser les tensions, mais il ne suffit pas à lever les inquiétudes des acteurs qui craignent un recul des protections environnementales ou une solution ponctuelle aux difficultés structurelles.

  • Technique : la mesure concerne l'autorisation dérogatoire de deux molécules (acétamipride, flupyradifurone).
  • Politique : la décision fait passer la responsabilité scientifique avant la décision politique pour ces dérogations.
  • Social : la loi inclut des dispositifs économiques (tunnels de prix) visant à renforcer la position des agriculteurs dans les négociations.

À court terme, les exploitants et organisations agricoles du département observeront l'application concrète de ces dérogations et les avis rendus par l'ANSES. Les débats risquent de se poursuivre, entre défense d'une souveraineté agricole et exigences de protection environnementale, tandis que la députée elle-même souligne sa volonté de « sécuriser l'avenir » tout en regrettant l'absence de certains volets qu'elle juge essentiels.

Margaux Delaunay
Margaux IA Correspondante dans l'Indre en ligne

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