Un réseau de surveillance pour guetter la fumée en continu
Face au risque croissant d'incendies, la Lozère s'équipe d'un système de détection par caméras dotées d'intelligence artificielle. Présenté le 14 août, ce dispositif doit compter 17 unités installées d'ici fin 2026 et couvrira environ 75 % du département, déjà composé à 44 % de superficies boisées.
Deux caméras ont été positionnées fin juillet sur les hauteurs de Mas-Saint-Chely et de Saint-Prival-de-Vallongue. Selon le SDIS, elles ont permis de détecter deux départs de feu en l'espace de quinze jours, illustrant l'intérêt opérationnel du système.
"Dans le sud de la France, nous allons rapidement être l'un des départements avec une couverture optimale du territoire", a déclaré le colonel Frédéric L'Homme, responsable des pompiers de Lozère.
Fonctionnement et moyens de levée de doute
Le dispositif se compose de caméras actives 24 heures sur 24, reliées à une plateforme d'analyse. Lorsqu'un panache de fumée est repéré, une levée de doute automatisée est effectuée par l'IA. Si la validation est positive, une alerte est déclenchée et les équipes du SDIS peuvent activer une caméra supplémentaire pour vérifier visuellement la situation et adapter leur réponse — renforts humains ou demande d'appui aérien si nécessaire.
- Nombre de caméras prévues : 17
- Installées à ce jour : 2
- Coût du dispositif : 865 000 euros
- Couverture annoncée : 75 % du département
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Caméras installées fin juillet | 2 (Mas-Saint-Chely, Saint-Prival-de-Vallongue) |
| Total prévu | 17 |
| Budget | 865 000 € |
| Couverture | 75 % du territoire |
Un maillage utile dans un département étendu
Le choix d'un maillage par caméras s'explique par la géographie lozérienne : zones d'altitude, plateaux et causses rendent parfois difficile la détection rapide d'un départ de feu. Laurent Suaut, président du Conseil départemental et du SDIS 48, a souligné que le dispositif permettra aussi d'« couvrir les départements voisins », citant notamment l'Aveyron.
Le coût d'environ 865 000 euros inclut l'achat des équipements et l'installation d'un espace dédié au SDIS à Mendes, où sont centralisées les images et les alertes. Les services insistent sur le caractère complémentaire de ces caméras : elles n'entendent pas remplacer la vigilance citoyenne ni les patrouilles mais accélérer la détection et la prise de décision.
À court terme, l'objectif affiché est clair : réduire le temps entre le départ de feu et la mobilisation des moyens, afin de limiter la propagation sur des massifs parfois difficiles d'accès. À moyen terme, le succès du système dépendra de la fiabilité de l'IA face aux fausses alertes et de la capacité du SDIS à déployer rapidement des réponses adaptées.