Un site transformé qui confirme sa vocation naturelle
Le paysage a changé. Après un chantier de renaturation mené il y a cinq ans, le marais de Tasdon, situé aux abords de La Rochelle, vient d’obtenir un double label : Espaces naturels sensibles (ENS) et l’entrée dans le réseau départemental « Échappées nature ». C’est la reconnaissance officielle d’un travail de longue haleine et d’une remontée spectaculaire de la biodiversité.
Le site, ancien marais salant de 194 hectares partagé entre La Rochelle, Aytré et Périgny, s’est rapidement métamorphosé. Les tractopelles ont déblayé, remodelé et créé des milieux variés. Le résultat est net : zones humides, bassins, prairies et roselières se repartissent désormais l’espace. Les naturalistes l’appellent déjà
« réservoir de biodiversité ».
Une faune et une flore très diversifiées
Les inventaires dressés ces dernières saisons donnent le tournis. Le marais accueille une avifaune riche, des insectes rares et des espèces protégées. Parmi les éléments recensés :
- Plus de 200 espèces d’oiseaux (avocette élégante, échasse blanche, petit gravelot...)
- 41 espèces de libellules et demoiselles
- 35 espèces de papillons diurnes
- Une diversité d’amphibiens et de poissons (rainette méridionale, pélodyte ponctué, triton marbré)
- Mammifères présents : renards, loutres et une quinzaine d’espèces de chauves-souris
- Plusieurs plantes rares, dont des orchidées, l’Œnanthe de Foucaud et la renoncule de Baudot
| Type | Nombre ou exemples |
|---|---|
| Oiseaux | +200 espèces |
| Libellules | 41 espèces |
| Papillons | 35 espèces |
Conséquences locales : nature, loisirs, gestion
Pour La Rochelle et ses habitants, la labellisation change plusieurs choses. D’abord, elle protège juridiquement des parcelles sensibles et facilite leur gestion à long terme. Ensuite, elle valorise un espace qui devient attractif pour les promeneurs, les ornithologues et les scolaires. Enfin, elle engage la collectivité à maintenir un équilibre entre accueil du public et conservation des milieux.
La présence d’espèces protégées implique des mesures précises : chemins balisés, zones de quiétude en période de reproduction, contrôle des usages (vélos, chiens tenus en laisse). Les acteurs locaux — communes, associations naturalistes et gestionnaires — devront coordonner surveillance et actions pédagogiques.
Un atout pour le territoire
Le marais de Tasdon rejoint d’autres sites protégés autour de La Rochelle (Pampin, Chef-de-Baie, baies d’Aytré et d’Yves). Cela renforce le maillage écologique du littoral rochelais. C’est un avantage pour la qualité de vie et pour l’attractivité touristique douce, notamment en période creuse quand la nature reprend ses droits.
La labellisation est aussi un signal politique : investir dans la renaturation porte ses fruits. Elle rappelle qu’en zone littorale, les solutions fondées sur la nature servent à la fois la biodiversité et la résilience du territoire.
Reste à transformer ce label en actions concrètes et visibles pour les Rochelais : parcours pédagogiques, suivi régulier des espèces, et une signalétique adaptée pour préserver ce qui, désormais, est reconnu comme un trésor naturel aux portes de la ville.