Une condamnation confirmée qui résonne jusqu'au Mans
La Cour d'appel d'Angers a confirmé, le 9 juillet 2026, la responsabilité de SNCF Réseau dans la destruction d'habitats naturels et d'espèces protégées lors de travaux d'entretien menés au printemps 2019 le long de la ligne ferroviaire Angers–Le Mans. Au cœur du dossier : près de six hectares de végétation rasés lors d'opérations de débroussaillage et d'élagage réalisées entre avril et juillet, période de nidification pour de nombreuses espèces d'oiseaux.
Cette affaire, suivie de près par les acteurs locaux de la protection de la nature, était née d'alertes émises à l'époque par la coordination régionale de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) des Pays de la Loire. Une enquête de l'Office français de la biodiversité (OFB) avait conduit à la condamnation en première instance. SNCF Réseau avait contesté, invoquant notamment l'évolution de la loi d'orientation agricole du 24 mars 2025 qui limite la répression à des actes volontaires ou à une « négligence grave ».
La cour a estimé que les éléments constitutifs d'une « négligence grave » étaient réunis et a donc validé la culpabilité de SNCF Réseau.
La chambre d'appel a suivi cette analyse, confirmant la négligence et la nécessité pour l'opérateur de publier le jugement. Les magistrats ont également maintenu l'obligation de verser des dommages et intérêts aux associations de protection de l'environnement qui s'étaient portées parties civiles, parmi lesquelles des structures affiliées à France Nature Environnement et à la LPO.
Seule modification notable par rapport au jugement initial : l'amende pénale. Elle est réduite, passant de 450 000 euros à 150 000 euros. Les motivations détaillées de cette baisse seront précisées lors de la publication de l'arrêt complet.
Pour les habitants du Mans et les acteurs locaux — naturalistes, riverains, gestionnaires d'espaces verts et représentants des collectivités — cette décision n'est pas seulement une sanction : elle envoie un signal sur la manière dont seront appréciées à l'avenir les opérations d'entretien menées en périodes sensibles pour la faune. Les conséquences pratiques pourraient toucher les calendriers et les procédures de maintenance le long des axes ferroviaires, ainsi que l'obligation pour les gestionnaires d'infrastructures d'intégrer davantage d'évaluations écologiques préalables.
- Faits reprochés : débroussaillage et coupe rase affectant près de 6 hectares entre avril et juillet 2019.
- Juridique : condamnation confirmée pour destruction d'habitats et d'individus d'espèces protégées ; notion de « négligence grave » retenue.
- Sanctions : publication du jugement, versement de dommages et intérêts aux associations ; amende pénale réduite à 150 000 €.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Surface impactée | ~6 hectares |
| Période des travaux | avril–juillet 2019 |
| Amende initiale | 450 000 € |
| Amende retenue en appel | 150 000 € |
Reste désormais à connaître les suites administratives et opérationnelles : adaptation des pratiques de maintenance, renforcement des études d'impact avant interventions en période de reproduction animale, et dialogues renouvelés entre SNCF Réseau, associations locales et collectivités. Pour les naturalistes de la Sarthe, la confirmation de la condamnation est perçue comme une victoire mais aussi comme un point de départ pour obtenir des garanties concrètes sur le terrain.