Un test estival sur la principale ligne de fret
Corsica Linea a lancé ce mois de juillet une phase pilote visant à intégrer du BioGNL — biométhane liquéfié — dans l'approvisionnement énergétique d'A Galeotta, son navire propulsé au gaz naturel liquéfié (GNL), sur la route Bastia–Marseille. L'expérimentation doit se dérouler tout au long de la saison estivale sur la desserte de continuité territoriale, occupée à la fois par du fret et des rotations vers le continent.
Comment fonctionne le dispositif
La solution retenue repose sur un système européen de certificats d'équivalence de volumes. Plutôt que d'acheminer physiquement du biométhane jusqu'au navire, une quantité de gaz d'origine renouvelable, produite à partir de déchets organiques, est injectée dans le réseau gazier européen. Cette injection est mise en correspondance, par certification, avec la consommation de GNL du navire.
- Navire concerné : A Galeotta
- Ligne : Bastia–Marseille
- Période : saison estivale (juillet et suivants)
- Objectif affiché : réduction du bilan carbone
Un impact chiffré et des ambitions locales
Selon la compagnie, cette intégration de BioGNL devrait permettre de réduire de 80 % le bilan carbone d'A Galeotta sur cette desserte de service public. Corsica Linea présente cette phase comme une « nouvelle étape » dans sa stratégie de décarbonation et comme une réponse aux exigences européennes, dont le système ETS et le règlement FuelEU Maritime.
« Avec ce test BioGNL, Corsica Linea engage une nouvelle étape vers la création d'un corridor maritime à faible intensité carbone entre la Corse et le continent »
La compagnie souligne aussi la nécessité de structurer une filière d'approvisionnement locale. Elle pointe la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer comme des territoires stratégiques pour rapprocher production et consommation.
Conséquences pour Bastia et les acteurs locaux
Pour Bastia, l'enjeu est double. D'une part, il s'agit d'une évolution des pratiques du transport maritime qui dessert directement le port et les entreprises de logistique insulaires. D'autre part, la construction d'une filière biométhane en proximité pourrait modifier les flux industriels et énergétiques régionaux, avec des retombées potentielles en termes d'emplois et de contrats pour des prestataires locaux si un approvisionnement territorial se développe.
Reste à observer la durée et l'étendue de l'expérimentation, la disponibilité réelle de biométhane certifié et les modalités opérationnelles à l'escale bastiaise. La démarche répond aux nouvelles obligations européennes, mais elle exige aussi coordination entre producteurs, opérateurs portuaires et armateurs.
| Élément | Données |
|---|---|
| Navire | A Galeotta |
| Ligne | Bastia – Marseille |
| Réduction annoncée | 80 % du bilan carbone |
Pour les habitants et les acteurs économiques de Bastia, ce test marque une étape concrète de transformation énergétique du transport maritime. La suite dépendra de l'efficacité du mécanisme de certification et de la capacité à développer une production locale de biométhane.