Un feu vert administratif avant la décision du préfet
La commission d’enquête publique sur le projet dit Campus IA a rendu un avis favorable. Le rapport porte sur une opération d'envergure qui doit s'étendre, à terme, sur 89 hectares de terres agricoles autour de Fouju, petit village de la Seine‑et‑Marne. Le porteur du projet a obtenu l’agrément qu’il sollicitait auprès de la commission, qui a accepté l’ensemble de ses demandes liées à la demande de permis de construire déposée en mars.
Le dossier, instruit après une consultation publique tenue du 30 avril au 30 mai, a mobilisé 1 225 contributions, dont de nombreuses oppositions. Malgré ce volume de réactions, la commission n’a émis ni réserve ni recommandation, selon le rapport publié.
« un impact majeur sur l’environnement et la consommation d’électricité nationale »
Un projet aux dimensions nationales et locales
Conçu pour être l’un des plus importants d’Europe, Campus IA prévoit la construction de 11 bâtiments d’ici 2033 pour un investissement annoncé de 50 milliards d’euros. Parmi les points qui concentrent les inquiétudes figure l’estimation de la consommation électrique future, chiffrée par des opposants à 10,5 TWh/an, soit selon eux l’équivalent de la production annuelle d’un réacteur EPR de première génération et une part significative de la consommation régionale.
- Surface concernée : 89 hectares de terres agricoles
- Infrastructure prévue : 11 bâtiments
- Horizon : réalisation attendue d’ici 2033
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Surface | 89 ha |
| Nombre de bâtiments | 11 |
| Investissement | 50 milliards € |
| Consommation estimée (opposants) | 10,5 TWh/an |
Des oppositions locales et des enjeux environnementaux
Élus locaux, associations et riverains ont exprimé de vives réserves. Leurs arguments portent surtout sur la disparition de terres agricoles et sur les conséquences énergétiques et climatiques du site. Certains pointent le risque d’un « four climatique » local avec une importante dissipation de chaleur dite « fatale », susceptible de créer un îlot de chaleur affectant un bassin de vie dense.
Sur le plan économique, les promoteurs mettent en avant les emplois et l’attractivité qu’un tel projet pourrait générer, tandis que ses adversaires insistent sur la fragilité des écosystèmes et la consommation électrique annoncée. Le rapport de la commission ne reprend pas ces réserves sous la forme de recommandations, ce qui déplace désormais la responsabilité de la décision finale vers le niveau préfectoral.
La balle dans le camp du préfet
La décision ultime appartient à Pierre Ory, préfet de Seine‑et‑Marne. Son arbitrage devra tenir compte des conclusions de la commission d’enquête, des avis techniques et des remontées de la population. Sur le terrain, à Fouju et dans les communes voisines, l’annonce de l’avis favorable ravive le débat : entre perspectives d’investissement et inquiétudes environnementales, les prochains mois seront déterminants pour l’avenir des paysages et des usages agricoles sur ce secteur de la plaine seine‑et‑marnaise.
Info pratique : la population et les élus locaux suivent de près les prochaines étapes administratives ; toute décision préfectorale fera l’objet d’annonces officielles consultables auprès de la préfecture de Seine‑et‑Marne.