Un projet d’embellissement né des traces industrielles et des bidonvilles
À l’orée du quartier d’affaires de La Défense, le parc départemental André‑Malraux occupe aujourd’hui un rôle central dans le paysage urbain et social de Nanterre. Sa genèse remonte aux années 1960, lorsque le ministre des Affaires culturelles d’alors, André Malraux, souhaite transformer une zone fortement dégradée — anciens bidonvilles, terrains vagues, carrières de gypse et dépôts de gravats liés à la construction voisine — en un grand espace vert pour améliorer la qualité de vie dans ce secteur en pleine mutation.
Le projet, qui mêlait ambitions urbaines et conception culturelle, est approuvé en 1964. Les travaux démarrent en 1971 et le parc est ouvert au public en 1977. L’appellation officielle « parc André‑Malraux » lui est attribuée en 1979, en hommage à l’initiateur du dispositif.
Un parti paysager signé Jacques Sgard
Confié au paysagiste Jacques Sgard, l’aménagement a privilégié une topographie assumée : buttes artificielles, un grand étang artificiel et des espaces plantés qui favorisent une biodiversité diversifiée. Le site couvre 25 hectares et conjugue usages récréatifs et équipements culturels et sportifs.
« démocratisation culturelle »
Cette formule, présente dans les archives du projet, traduit l’ambition portée par Malraux : penser l’espace public comme un support d’accessibilité à la culture, articulé autour d’un parc fédérateur.
Un tissu urbain hybride : culture, logement et sport
Le projet originel devait former un quartier en étoile autour du parc, mêlant programmes immobiliers et équipements. Si la vision d’ensemble reste inaboutie, le secteur accueille néanmoins des immeubles d’habitation et des structures culturelles et sportives : le théâtre des Amandiers et l’école de danse de l’Opéra de Paris figurent parmi les équipements qui bordent ou complètent le site, offrant une continuité entre espace vert et offre culturelle locale.
- 1964 : approbation du projet
- 1971 : début des travaux
- 1977 : ouverture au public
- 1979 : attribution officielle du nom
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Superficie | 25 hectares |
| Paysagiste | Jacques Sgard |
| Période de construction | 1971–1977 |
Sur le plan local, le parc reste un espace stratégique : il assure une respiration écologique à proximité immédiate d’un pôle d’activités dense et participe à la qualité de vie des riverains. Son histoire rappelle aussi les tensions et arbitrages de l’aménagement des années 1960‑70, où ambitions culturelles et mutations urbaines se sont mêlées pour redessiner les marges de La Défense.
Pour les Nanterriens, le parc André‑Malraux est donc plus qu’un jardin public : c’est le résultat visible d’un pari politique et paysager, qui continue d’influer sur le tissu urbain et les équipements culturels du territoire.