Un vote qui marque une étape pour les territoires de montagne
Plus de quarante ans après la loi de 1985, le Parlement a définitivement adopté l’Acte III de la loi Montagne, intitulée « Pour une montagne vivante et souveraine ». Le texte, élaboré à l’initiative de l’Association nationale des élus de la montagne (ANEM), a recueilli 376 voix pour à l’Assemblée nationale et 325 voix au Sénat.
Pour les vallées et communes savoyardes, le contenu du texte vise à répondre à des enjeux concrets : maintenir les services, faciliter l’habitat, et sécuriser les ressources. Les mesures présentées touchent à des domaines essentiels pour la vie quotidienne en altitude.
Ce que prévoit la loi
- Accès aux soins : des dispositions spécifiques pour améliorer l’offre médicale dans les zones isolées.
- Transports sanitaires aériens d’urgence : renforcement des capacités d’intervention pour les secours.
- Gestion et stockage de l’eau : mesures pour sécuriser l’approvisionnement et la gestion des ressources hydriques.
- Assouplissement des règles de construction en continuité : adaptations pour faciliter les projets de construction dans les bourgs et hameaux.
- Concertation autour des écoles : procédures prévues pour associer davantage les collectivités avant l’ouverture ou la fermeture de classes.
Réactions locales : entre soulagement et vigilance
En Savoie, la sénatrice Martine Berthet se réjouit que le texte réponde « aux attentes exprimées par de nombreux élus » — un point de vue partagé par plusieurs acteurs locaux soucieux de préserver l’attractivité des territoires de montagne et d’assurer la continuité des services publics.
Mais l’adoption ne fait pas l’unanimité. L’association Résilience Montagne a exprimé des réserves, appelant à la vigilance sur la mise en œuvre et l’impact réel des mesures, en particulier sur les équilibres environnementaux et sociaux dans les territoires fragiles.
Ce qui va changer (ou pas) sur le terrain
Le texte pose un cadre législatif dont l’effet concret dépendra des décrets d’application et des moyens alloués. Sur le terrain, les collectivités locales, les agences sanitaires et les acteurs de l’eau devront co-construire les modalités opérationnelles. Pour les habitants des vallées savoyardes, les principaux points d’attention seront :
- la rapidité de mise en place des nouvelles organisations de santé ;
- les financements destinés aux transports sanitaires aériens ;
- les garanties apportées pour la préservation des ressources en eau.
| Organe | Votes pour |
|---|---|
| Assemblée nationale | 376 |
| Sénat | 325 |
La loi ouvre une fenêtre d’opportunités pour rendre la montagne plus résiliente. Reste à transformer les orientations votées à Paris en politiques publiques tangibles et durables pour la Savoie.