Une dizaine d’occupations en moins de deux ans sur un parc tertiaire
Sur le parc Eco’sphair, à Mérignac, la direction d’une foncière régionale tire la sonnette d’alarme. Depuis la livraison en juillet 2024 des deux immeubles Arko et Oléa, qui regroupent bureaux et locaux d’activités sur près de 12 000 m², des vagues successives d’installations de gens du voyage se succèdent sur les parkings. Selon la direction générale d’Inéa, cela représente 12 infractions constatées à ce jour, avec des conséquences matérielles et un fort impact sur les locataires.
Les occupants des locaux, dont certains travaillent dans des entreprises proches comme Thalès ou Dassault, auraient signalé des incidents et se disent inquiets. Face à cette situation répétée, la foncière affirme avoir multiplié les mesures pour empêcher l’accès aux terrains : blocs de béton, portiques et autres dispositifs de blocage. Ces mesures, jugées nécessaires, pèsent néanmoins sur les comptes.
- Surface concernée : ~12 000 m²
- Nombre d’infractions rapportées : 12
- Coût estimé des dispositifs de sécurisation : 200 000 €
« Je ne sais plus à quel saint me vouer »
Cette phrase, employée par la dirigeante d’Inéa, traduit l’épuisement d’une entreprise confrontée à des intrusions répétées. La société a déposé une plainte et met en avant des dégradations ainsi que des vols signalés par des locataires, qui assurent se sentir déstabilisés dans leur lieu de travail.
Coûts, image et commercialisation : des effets collatéraux
Au-delà des désagréments matériels, la situation soulève des enjeux commerciaux. Inéa craint que ces occupations nuisent à la commercialisation des surfaces restantes et affaiblissent l’attractivité du parc Eco’sphair, implanté à proximité de l’aéroport et d’un tissu industriel et technologique dense. La facture financière — évaluée à 200 000 € pour sécuriser les abords — vient s’ajouter aux contraintes opérationnelles des entreprises locataires.
Les municipalités et services de l’État sont régulièrement sollicités dans de telles situations, partagées entre impératifs d’ordre public, droit au stationnement des gens du voyage et nécessité de protéger des biens privés. La répétition des installations sur un site neuf interroge aussi sur l’adéquation des dispositifs d’accueil et de prévention sur le territoire.
Ce que demande la foncière et perspectives
Inéa réclame des réponses claires aux autorités compétentes afin d’éviter le retour de ces campements. Outre la plainte, l’entreprise entend maintenir et renforcer ses protections physiques, tout en sollicitant une action publique plus soutenue pour préserver la sécurité des occupants des immeubles et la viabilité économique du site.
Sur le terrain, les riverains et entreprises attendent désormais des mesures coordonnées, qui concilient respect de la loi, protection des biens et maintien de l’activité sur un parc tertiaire situé dans une zone stratégique de Mérignac.