Mobilisation calme, revendications nettes
À Montauban, devant la préfecture, ils étaient un peu plus d’une trentaine mardi en fin d’après-midi, pour dire leurs craintes face au projet de méthaniseur prévu à Lacapelle-Livron. Sous la surveillance discrète de cinq policiers, le rassemblement s’est déroulé sans heurts mais avec des demandes précises. Sur les pancartes, un slogan résumait l’humeur du jour : « Saint-Peyronis, c’est pas le Qatar ».
À l’appel d’un collectif rassemblant notamment l’UD CGT 82, les participants ont tenu à rappeler leurs attentes vis-à-vis des services de l’État : obtenir des informations claires, un calendrier lisible et la possibilité pour les habitants de peser sur les décisions à venir.
Une demande de transparence et de débat
Au micro, Fabien Gourrat, apiculteur, riverain et élu d’opposition à Lacapelle, s’est fait la voix du mouvement. Plusieurs mots d’ordre ont été martelés, dont la nécessité d’éclairer le public sur les impacts et la gouvernance du projet. Les organisateurs ont insisté sur un impératif : replacer les habitants au cœur du processus.
« Le droit de savoir, de décider ensemble », a réclamé le porte-parole, dénonçant un « projet de fracture ».
Au fil des prises de parole, la contestation a ciblé la dimension industrielle du site annoncé et sa cohérence écologique. Une intervenante a fustigé ce qu’elle voit comme une imposture écologique et économique, décrivant un complexe industriel susceptible, selon elle, de prolonger un modèle agricole obsolète. Deux drapeaux de la Confédération paysanne ont flotté au milieu de la petite foule, illustrant l’appropriation du dossier par une partie du monde paysan.
Un dossier sous tension depuis l’automne 2023
Le projet, connu du public depuis octobre 2023, est porté par neuf agriculteurs de Lacapelle-Livron, Caylus et Parisot. Depuis, le territoire s’est crispé : partisans et détracteurs s’opposent sur les bénéfices et les risques du méthaniseur. Le 30 mai dernier, une Marche pour le vivant avait réuni environ 180 opposants sur et autour du site. Des incidents avaient été signalés, chaque camp déclinant toute responsabilité.
Sur le plan administratif, le dossier suit son cours. Il fait l’objet d’une instruction et devrait donner lieu, selon les éléments communiqués lors du rassemblement, à une enquête publique « sous peu ». Les opposants exigent que cette étape se déroule avec un haut niveau d’information et des garanties sur la participation des habitants.
Un échange à huis clos en préfecture
Vers 18 h 30, une délégation a été reçue par les services de l’État. Les représentants du mouvement avaient annoncé qu’ils présenteraient leurs demandes : communication de documents, rendez-vous réguliers et organisation d’un temps démocratique permettant d’entendre toutes les parties prenantes, des agriculteurs porteurs de projet aux riverains, en passant par les associations et syndicats.
Les organisateurs disent vouloir une « information complète et transparente », « un véritable dialogue avec les services de l’État » et « la tenue d’un véritable débat citoyen avant toute décision définitive ».
Pour les participants, l’enjeu dépasse la seule commune de Lacapelle-Livron : il s’agit, affirment-ils, de décider collectivement du visage de l’agriculture locale, de l’usage des terres et des priorités énergétiques du territoire. Les soutiens au projet, eux, mettent généralement en avant la valorisation des effluents d’élevage et la production d’une énergie renouvelable. Les échanges à venir devront arbitrer ces visions.
Ce que demandent les habitants mobilisés
- Des données publiques sur les impacts environnementaux, la sécurité et les flux de transport induits.
- Un calendrier de procédures clair, avec des réunions d’information accessibles.
- Une enquête publique conduite avec des garanties sur la participation et la prise en compte des avis.
Repères
| Élément | Chiffre/Info |
|---|---|
| Participants au rassemblement à Montauban | ≈ 30 personnes |
| Présence policière | 5 policiers |
| Marche du 30 mai | ≈ 180 opposants |
| Collectif porteur du projet | 9 agriculteurs (Lacapelle, Caylus, Parisot) |
| Étape administrative | Instruction en cours, enquête publique annoncée |
Et maintenant ?
La balle est à présent dans le camp de l’administration, qui doit finaliser le dossier avant l’ouverture de l’enquête publique. Les opposants, eux, disent rester mobilisés et se préparent à contribuer en nombre lors de la consultation, documents à l’appui. Au-delà du face-à-face, c’est la capacité du territoire à organiser un débat argumenté et respectueux qui sera observée. Les prochaines semaines, avec l’annonce des modalités de l’enquête, fourniront un premier test.