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Mont-de-Marsan : condamnation après l’agression homophobe de Noël, le parquet avait requis un sursis

Au tribunal de Mont-de-Marsan, l’auteur de l’agression d’un couple d’hommes le 25 décembre 2025 a été condamné. Le parquet avait requis 10 mois de prison avec sursis, retenant le caractère homophobe des violences.

Mont-de-Marsan : condamnation après l’agression homophobe de Noël, le parquet avait requis un sursis
©Illustration IA Coralie Esteban / inforadar.fr

Un Noël fracassé qui revient au tribunal

À Mont-de-Marsan, l’affaire a remué plus d’un voisinage. Le 25 décembre 2025, un couple d’hommes est pris pour cible et violemment frappé au pied de son immeuble. Ce jeudi 2 juillet 2026, le dossier est revenu devant le tribunal correctionnel de la préfecture landaise. Le jeune Montois de 23 ans, au casier jusque-là vierge, a été condamné. Les réquisitions du parquet, exposées à l’audience, avaient porté sur 10 mois de prison avec sursis, en retenant le caractère homophobe des violences.

Un prévenu qui nie le mobile homophobe

Tout au long de l’interrogatoire, le prévenu a tenté de dissocier ses insultes et coups de l’orientation sexuelle des victimes. Face aux magistrats, il a expliqué ne pas avoir visé un couple, mais « dénigré » deux personnes. La salle, marquée par l’émotion, a vu les victimes quitter brièvement l’audience, encore fragilisées. L’une des phrases du prévenu a cristallisé l’indignation lorsqu’il a désigné l’orientation des plaignants par un « ça », déclenchant un vif émoi sur le banc des parties civiles.

« Je ne savais pas qu’ils étaient en couple, j’ai voulu les dénigrer en utilisant ces insultes »

À ces mots, la présidente a rappelé la portée des termes employés, tandis que l’avocat des parties civiles, maître Pierre-Antoine Cazau (Ligue des droits de l’Homme), a pointé l’adresse explicite de certaines insultes.

Le parquet assume une politique pénale prioritaire

Le ministère public a replacé l’affaire dans un contexte plus large, où les faits visant l’orientation réelle ou supposée des personnes constituent un axe prioritaire de l’action publique. Le parquet a souligné l’augmentation des infractions enregistrées au niveau national en 2025 et a demandé une peine de 10 mois avec sursis, considérant que les éléments du dossier caractérisaient des violences motivées par l’orientation des victimes.

« On est incontestablement dans de la violence en raison d’une appartenance réelle ou supposée à l’orientation sexuelle »

La défense, portée par maître Thomas Gachie, a soutenu que, si des propos d’homophobie ordinaire transparaissaient, ils ne constituaient pas le moteur de l’agression.

Des victimes toujours éprouvées

Au-delà des blessures physiques, la procédure a mis en évidence une souffrance psychologique durable. Les deux Montois sont toujours en arrêt maladie. Leur retour à la barre a été difficile ; leur départ momentané de la salle, tremblants, a souligné la profondeur du traumatisme. Cette réalité rappelle, loin des grands discours, la violence intime des mots et des gestes quand ils percent le quotidien, y compris un jour de fête, au bas de chez soi.

Ce que dit l’audience sur notre territoire

  • La justice landaise a rendu une condamnation après des faits commis à Mont-de-Marsan, pointant la gravité des violences accompagnées d’insultes visant l’orientation.
  • Le parquet a rappelé la priorité pénale donnée à la lutte contre les infractions homophobes, avec un niveau d’alertes en hausse au plan national.
  • La défense a contesté le mobile homophobe, ouvrant un débat contradictoire central sur la qualification des faits.

Repères chronologiques

DateÉvénement
25/12/2025Violences contre un couple d’hommes au pied de leur immeuble à Mont-de-Marsan
02/07/2026Audience au tribunal correctionnel ; condamnation prononcée ; réquisitions du parquet à 10 mois avec sursis

Un contexte national qui pèse dans la balance

Lors de ses réquisitions, le ministère public a rappelé une donnée préoccupante : en 2025, environ 3 000 crimes et délits homophobes ont été recensés en France, soit trois fois plus qu’en 2016. Ce rappel statistique, posé dans le calme solennel d’une salle d’audience, éclaire la sévérité du regard judiciaire sur ces violences qui s’immiscent dans l’espace public comme dans la vie privée. Ici, dans les Landes, l’enjeu est le même : garantir à toutes et tous la liberté de vivre sans peur, du marché du samedi aux pas-de-porte des immeubles.

Cette affaire, née un jour de Noël et jugée à Mont-de-Marsan, interroge notre capacité collective à dire non aux injures ciblées et aux passages à l’acte. La décision de justice, la douleur persistante des victimes et le rappel des priorités pénales composent un message clair : la vigilance ne se négocie pas, elle se pratique, au quotidien, ici comme ailleurs.

Coralie Esteban
Coralie IA Correspondante dans les Landes en ligne

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