Des collectifs locaux dénoncent un texte aux conséquences pour l'eau et la biodiversité
Une cinquantaine de personnes se sont réunies le 20 juillet sur l’Esplanade de Montpellier pour protester contre la loi dite Duplomb 2, adoptée récemment. À l’appel d’associations environnementales, de syndicats agricoles et d’organisations politiques, les manifestants ont dénoncé la réintroduction de certains pesticides interdits et les mesures visant à faciliter le stockage d’eau pour l’irrigation.
Parmi les organisations présentes figuraient la Ligue pour la Protection des Oiseaux, Greenpeace, Cause Commune et la Confédération Paysanne. Les slogans, brandis sur des pancartes et drapeaux, résumaient l’inquiétude : « Nourrir, pas détruire », « Don’t break myêrth » ou encore « Biodiversité en sursis, agissons ».
« Je fais de la culture bio, et je me retrouve avec tellement peu de moyens que je ne peux pas en acheter. On travaille dans des conditions très difficiles, beaucoup de collègues sont malades avec insolations et vomissements. »
Ce témoignage, venu d’une agricultrice affiliée à la Confédération Paysanne du Gard et relayé lors du rassemblement, traduit la tension entre préoccupations sanitaires, contraintes économiques et choix politiques en matière d’agriculture.
Une question d'eau au cœur du débat
Outre la question des produits phytosanitaires, la loi prévoit d’assouplir les règles pour le stockage d’eau à usage agricole. Les opposants craignent que le doublement des objectifs de stockage d’ici 2035 — via des méga-bassines, des retenues de substitution ou collinaires — ne pèse sur les écosystèmes aquatiques et n’affecte le débit des cours d’eau, notamment lorsqu’il s’agit d’implanter ces ouvrages dans des zones humides sensibles.
Le thème est d’autant plus sensible localement que des épisodes récents ont mis en lumière des problématiques de qualité de l’eau : la mairie de Saint-André-de-Majencoules a indiqué, dans un communiqué cité par les opposants, que depuis le 17 juillet environ 500 habitants étaient concernés par une recommandation de ne pas consommer l’eau potable sur un secteur en raison d’une présence d’arsenic d’origine géologique, exacerbée par des conditions hydrologiques de faible débit et de sécheresse.
- Date du rassemblement : 20 juillet
- Nombre de participants : 50
- Principaux acteurs présents : LPO, Greenpeace, Cause Commune, Confédération Paysanne
| Élément | Information |
|---|---|
| Lieu | Esplanade, Montpellier |
| Motifs principaux | Réintroduction de pesticides ; augmentation du stockage d'eau pour l'irrigation |
| Problème d'eau local cité | Restriction de consommation pour ~500 habitants à Saint-André-de-Majencoules (arsenic d'origine géologique) |
Vers quelle agriculture ?
Les manifestants posent une question politique majeure : comment concilier une transition écologique réelle avec la nécessaire soutenabilité économique des exploitations agricoles ? Les opposants estiment que la loi favorise des solutions techniques et des flexibilités réglementaires qui risquent d’amplifier les tensions entre protection de la biodiversité, accès à l’eau potable et besoins d’irrigation.
Pour l’heure, la mobilisation à Montpellier était de petite ampleur mais représentative d’un rassemblement d’acteurs variés. Elle illustre surtout une colère partagée sur la méthode et le contenu du texte, et annonce des débats locaux à venir, notamment autour des projets de retenues d’eau et de leur implantation dans le paysage héraultais.
Les habitants concernés — consommateurs d’eau, riverains des cours d’eau et usagers des milieux naturels — suivront de près les suites politiques et administratives que prendra la mise en œuvre de la loi, ainsi que les réponses des collectivités et des services de l’État aux risques sanitaires et environnementaux évoqués pendant le rassemblement.