Un angle inédit sur l'Occupation présenté à Nancy
À l'occasion du salon Le Livre sur la Place, qui s'est tenu à Nancy le 12 septembre 2026, l'écrivaine Bérénice Pichat est revenue sur l'écriture de son nouveau roman, Un marché noir. Après le succès de La Petite Bonne (Prix des Libraires 2025), l'autrice propose cette rentrée une fresque chorale dont la toile de fond est la vie quotidienne sous l'Occupation, vue à travers le prisme du commerce clandestin.
Le roman suit Servane, une adolescente entraînée progressivement dans le système du marché noir, puis vers la Résistance, et croisant Paul, trafiquant désabusé persuadé que « tout peut s'acheter ». L'entretien mené à Nancy permet de comprendre pourquoi Pichat a choisi cet angle peu exploité dans la fiction contemporaine.
« Aucune. Moi, je n'écris pas pour la gloire, ni pour gagner des prix ou gagner de l’argent. J’écris parce que j’aime écrire, et c’est quelque chose que je fais depuis que je suis toute petite. »
Lors de la rencontre, l'auteure, née en 1978 au Havre et enseignante, a expliqué la difficulté documentaire rencontrée : le marché noir a laissé peu de traces écrites, les comptabilités et preuves ayant souvent été détruites ou dissimulées. Elle s'est donc appuyée sur des témoignages oraux et des récits familiaux pour reconstituer un univers où la débrouille côtoie la moralité vacillante.
Pour le lecteur nancéien, plusieurs points sont à retenir :
- Un angle historique peu traité : le marché noir pendant l'Occupation est peu documenté dans les travaux académiques, d'où la valeur de la fiction pour interroger ces zones d'ombre.
- Un roman choral : la narration multiplie les voix et points de vue, donnant à voir des trajectoires individuelles au sein d'une période difficile.
- Une auteure accessible : présente au salon, Pichat a dialogué avec le public, rendant palpable son travail de recherche et d'écriture.
Le propos de Bérénice Pichat illustre également la manière dont les manifestations littéraires comme Le Livre sur la Place servent de lieu de transmission et d'échanges entre auteurs et lecteurs. À Nancy, la rencontre a permis d'aborder des questions de mémoire collective et de transmission orale, thèmes qui résonnent localement dans les familles et les archives municipales.
| Ouvrage | Année |
|---|---|
| La Petite Bonne | 2024 |
| Un marché noir | 2026 |
En somme, la venue de Bérénice Pichat à Nancy a offert aux lecteurs un éclairage neuf sur l'Occupation, en privilégiant la restitution sensible et documentaire d'un commerce clandestin qui a façonné le quotidien de nombreuses familles. Le roman invite à s'interroger sur la mémoire et les silences dont l'histoire est parfois faite.