Une série de tirs découverte après des mois de surveillance
Le parquet de Gap a annoncé jeudi la mise en examen de trois personnes soupçonnées d’avoir participé à l’abattage illégal de neuf loups dans le département. L’enquête, ouverte en avril 2025 après un signalement concernant des atteintes à la faune sauvage, a mobilisé l’Office français de la biodiversité (OFB) et les services de gendarmerie.
Les agents de l’OFB ont d’abord repéré des dispositifs de captation d’images « installés à proximité d’une habitation », puis, lors d’une observation le 28 mars, ont constaté des éléments laissant penser qu’un loup venait d’être abattu « en dehors de tout cadre légal ».
« un vaste coup de filet contre le braconnage des loups »
Les perquisitions menées le 29 mars ont livré des indices accablants : un charnier d’animaux vraisemblablement destiné à appâter les loups, de « nombreuses » armes et au moins un cadavre de loup. L’exploitation des données téléphoniques a mis au jour de nombreuses photographies d’animaux morts et l’implication de plusieurs personnes, plus ou moins directement.
Procédure et calendrier judiciaire
- Trois personnes ont été interpellées le 28 juillet, placées en garde à vue puis sous contrôle judiciaire.
- Six autres personnes ont été entendues en audition libre ; d’autres convocations sont prévues par procédure COPJ.
- Audience prévue devant le tribunal correctionnel en janvier 2027, pour destruction et complicité de destruction illégale d’espèce protégée.
En France, le loup est protégé. Son abattage en milieu naturel est prohibé, sauf exceptions strictes liées à la défense de troupeaux et dans des cadres définis par la réglementation des « tirs de prélèvement ». La découverte d’un charnier et d’éléments de mise en scène (appâts) renvoie ici à une volonté de piéger et d’éliminer des animaux au‑delà des dérogations prévues par la loi.
Enjeux locaux : pastoralisme, sécurité et biodiversité
Dans les Hautes‑Alpes, département de montagne où l’élevage extensif tient une place importante, les tensions autour de la présence du loup sont récurrentes. Les éleveurs demandent souvent davantage de moyens de protection et de réponses rapides en cas d’attaques, tandis que les associations de protection animale plaident pour le respect strict de la réglementation et des populations sauvages.
Cette affaire relance le débat sur la lutte contre le braconnage et la capacité des services à concilier protection du patrimoine naturel et contraintes du territoire. Sur le terrain, la découverte d’armes et de cadavres d’animaux inquiète : elle suggère des pratiques organisées, et non des actes isolés.
Ce que cela change pour les Alpes du Sud
| Date | Événement |
|---|---|
| Avril 2025 | Ouverture des investigations après signalement |
| 28 mars (année non précisée) | Observation d’un tir présumé par l’OFB |
| 29 mars | Perquisitions et découverte du charnier |
| 28 juillet | Interpellations et gardes à vue |
| Janvier 2027 | Audience prévue au tribunal correctionnel |
Pour les acteurs locaux — éleveurs, services de l’État et associations — la suite judiciaire apportera des réponses sur l’organisation de ce réseau et sur les responsabilités individuelles. Sur un pays déjà fragile face aux conflits homme‑prédateurs, cette affaire pèsera sur les discussions à venir concernant la gestion du loup et la prévention des actes illégaux.
La justice doit maintenant faire son œuvre. En attendant, les services de l’État restent mobilisés pour prévenir de nouveaux faits et pour accompagner les éleveurs confrontés aux difficultés de cohabitation dans nos montagnes.