Opération des gendarmes à Toudon, à proximité de Nice
Une opération judiciaire menée récemment près de Nice a abouti à l'interruption d'une cérémonie qualifiée de chamanique et à la mise en examen de trois organisateurs. Les investigations, pilotées par le parquet de Nice, ont commencé à la suite d'informations reçues en octobre 2025 et se sont intensifiées ces derniers mois, culminant avec des perquisitions le 11 juillet.
Selon le procureur de Nice, Damien Martinelli, une cinquantaine de gendarmes ont procédé aux interpellations et aux saisies. Les enquêteurs ont découvert « des activités suspectes pouvant s’apparenter à des dérives sectaires, sur fond de consommation de substances psychotropes », indiquent les services judiciaires.
« des activités suspectes pouvant s’apparenter à des dérives sectaires, sur fond de consommation de substances psychotropes »
Trois personnes ont été identifiées comme organisateurs présumés : une femme née en 1958, son conjoint né en 1962 et une autre femme née en 1984. Elles ont été mises en examen pour un faisceau d'infractions incluant le trafic de stupéfiants, l'« abus frauduleux de l'état de sujétion psychologique ou physique », le placement ou maintien d'une personne en état de sujétion, l'exercice illégal de la médecine, l'administration de substances nuisibles et le blanchiment.
Produits saisis et nature des cérémonies
Les perquisitions ont mis au jour une variété de produits et de préparations destinés aux rituels. Les enquêteurs parlent d'un trafic organisé de plantes stupéfiantes et d'éléments utilisés lors des cérémonies. Parmi les objets et substances saisis figurent des cactus peyotl, des champignons hallucinogènes et d'autres végétaux aux propriétés psychotropes.
- Plantes : plusieurs centaines de cactus peyotl
- Champignons : des champignons hallucinogènes de type « Niños Santos » et des amanites tue-mouches
- Autres : de la sauge dite divinatoire et diverses préparations rituelles
| Éléments saisis | Nature |
|---|---|
| Champignons Niños Santos | Psychotropes |
| Amanites tue-mouches | Psychotropes/toxiques |
| Cactus peyotl (centaines) | Plantes hallucinogènes |
| Sauge divinatoire | Usage rituel |
Enquête et enjeux locaux
Le dossier, suivi par le pôle spécialisé du parquet de Nice, interroge à la fois la répression du trafic de stupéfiants et la prévention des dérives sectaires. Les investigations s’attachent à établir si les organisateurs ont exercé une emprise psychologique sur des participants, jusqu'à les placer en état de sujétion, et si des pratiques médicales illégales ont été utilisées lors des cérémonies.
Pour les habitants du département, cette affaire soulève plusieurs enjeux : la protection des personnes vulnérables, la surveillance des activités proposant des « rituels » à caractère thérapeutique ou spirituel, et la lutte contre les circuits d'approvisionnement en substances prohibées. Les autorités locales et judiciaires poursuivent l'instruction afin de préciser les responsabilités et l'ampleur du réseau présumé.
La procédure en cours devrait éclairer le rôle exact de chacun des mis en examen et les liens éventuels avec d'autres individus ou structures. En attendant, la découverte d'un arsenal végétal et psychotrope interroge la frontière entre pratiques spirituelles et infractions pénales dans l'aire niçoise.