Une mise en examen qui secoue le 16e et le Sénat
Le parquet de Paris a annoncé jeudi la mise en examen pour corruption passive de Francis Szpiner, avocat et sénateur Les Républicains élu pour Paris. Les faits reprochés remontent à 2023, alors que M. Szpiner était maire du 16e arrondissement de la capitale : il est soupçonné d'avoir attribué un logement social à une femme qui affirme en avoir obtenu l'accès en contrepartie de relations sexuelles.
La procédure est ancienne. Une enquête préliminaire avait été ouverte en octobre 2024, puis une information judiciaire a suivi en avril 2025. Des perquisitions avaient été menées à la mairie du 16e et au domicile de l'élu. Placé en garde à vue mardi, M. Szpiner a été mis en examen jeudi par la juge d'instruction.
Mesures judiciaires et immunité parlementaire
La femme qui dénonce les faits a elle aussi été mise en examen, cette fois pour corruption active, et placée sous contrôle judiciaire avec interdiction de contacter le sénateur. L'avocate de Francis Szpiner a réagi en évoquant une contestation ferme des faits et indiqué que son client s'expliquerait devant le juge.
« Mon client conteste avec la plus grande fermeté les faits qui lui sont reprochés. Il s'expliquera ultérieurement devant le juge d'instruction », a déclaré son avocate.
Interrogé sur une éventuelle mesure de contrôle judiciaire à l'encontre du sénateur, le parquet a précisé que M. Szpiner n'avait pas été placé sous ce régime « dans la mesure où la demande de levée d'immunité n'a pas été traitée dans les temps par le Sénat ». Le bureau du Sénat avait cependant prononcé fin mai la levée de son immunité parlementaire, ouvrant la voie aux suites de l'enquête.
Contexte et enjeux pour Paris
L'affaire questionne la gestion du parc social dans l'un des arrondissements les plus huppés de Paris. Le soupçon d'une attribution liée à des faveurs sexuelles met en lumière à la fois la précarité des procédures d'attribution et la vulnérabilité de certaines personnes à la recherche de logement.
Pour les habitants du 16e et des arrondissements voisins, la nouvelle alimente l'inquiétude sur la probité des responsables locaux. Dans les murs de la mairie d'arrondissement, l'enquête et les perquisitions de 2025 avaient déjà laissé des traces administratives et politiques.
- 2023 : faits présumés — attribution du logement social.
- octobre 2024 : ouverture d'une enquête préliminaire.
- avril 2025 : ouverture d'une information judiciaire; perquisitions menées.
- mai 2026 : levée d'immunité par le bureau du Sénat.
- juillet 2026 : garde à vue et mise en examen.
| Personne | Qualification | Mesure |
|---|---|---|
| Francis Szpiner | Sénateur LR, ancien maire du 16e | Mise en examen pour corruption passive |
| Occupante du logement | Femme mise en cause | Mise en examen pour corruption active; contrôle judiciaire |
La suite de la procédure dépendra des investigations de la juge d'instruction. Si les poursuites se poursuivent, l'affaire prendra une dimension politique forte, à Paris comme au Sénat. Pour l'heure, les éléments produits par le parquet et les réactions de la défense restent les seuls repères publics.
La mise en examen d'un élu parisien pour de tels faits relance le débat sur la gouvernance locale et la protection des demandeurs de logement social. À Paris, où les files d'attente sont longues et l'accès au logement social particulièrement tendu, chaque affaire de ce type érode la confiance des citoyens.